La gestion du Ma-ai

Publié le par Sakura Dojo

Tiens, lors de ce we avec Michel Becart, nous avons devisé de la pratique de Feu Arikawa Senseï et de la notion de distance, celà m'a rappelé un excellent article de Malcolm Tiki Shewan sur la gestion du Ma-ai se basant sur de faits de guerre réels et que je livre à vos yeux : 

En étudiant sous la direction de Maître Arikawa il m'a raconté un jour : "Si on pouvait maîtriser parfaitement les éléments de "Reishiki" (etiquette) et de "Ma-ai" rien d'autre ne serait nécessaire pour être le guerrier parfait". Cette phrase témoigne de l'importance quel'on doit mettre sur le développement d'un jugement correct du facteur temps/espace" dans notre travail. Le caractère "Ma" se traduit par "intervalle" et non pas par "distance" comme on voit si souvent. Il ne faut pas oublier qu'une séparation distancielle implique inévitablement une séparation temporelle. Par exemple, en province si vous demandez votre chemin, la plupart du temps on vous répond en kilomètres alors que dans une grande ville comme Paris on vous répond en minutes.
Le concept de Ma-ai devrait comporté quatre divisions/phases pour sa compréhension correcte mais ce n'est le plus souvent que les deux plus proches qui préoccupent les pratiquants. J'aime illustrer les différences par une image de Verdun lors de la première guerre mondiale. 
- "TO-Ma" est la "grande distance". Cette séparation implique que les adversaires ne
sont pas en mesure d'engager directement les hostilités. Le quartier général du haut commandement était situe à Vincennes bien en dehors de toute possibilité de contact avec 1'ennemi. Le pratiquant du BUDO japonais aura tendance a définir cet intervalle comme celle de la sécurité maximale. L'adversaire est dans l'impossibilité de lancer une attaque pour réduire ce "ma-ai" sans que son adversaire puisse la percevoir et mettre en place tous les éléments dont il a besoin pour faire face à la situation.
Tout peut être négocié à ce stade-ci par la diplomatie.
- "CHU-Ma" est la distance moyenne. Dans ce cas-ci les généraux directement liés à la direction de la bataille sur le front de Verdun plaçaient leur centres de commandement à Bar-le-Duc/Souilly. Ils étaient juste à 1'exterieur des inconvénients posés par les obus etc., mais suffisamment à proximité pour avoir les communications directes avec le front. Ici il y a encore le temps/espace pour agir en face d'une attaque lancée mais 1'engagement des adversaires ne fait plus de doute. Cependant, le dégagement éventuel est encore possible avec un effort considérable de la diplomatie.
- "CHIKA-Ma" est l'intervalle court. C'est l'espace entre Verdun ville et les tranchées barbelées du front face à 1'ennemi. L'engagement est tel que l'on ne peut pas se retirer du combat, l'engagement est ferme et la possibilité d'agir est très serrée. En revanche, celui qui décide d'attaquer sera dans l'obligation de se pencher en avant pour saisir ou frapper, en arrière pour un coup de pied. L'attaquant peut tout juste ne pas atteindre son adversaire sans s'engager dans une action majeure. En face il y a le temps et distance nécessaire pour se positionner d'une manière avantageuse pour la défaite de 1'attaquant. Les fers sont réellement croisés mais il faut encore briser 1'équilibre pour atteindre 1'adversaire
 
- "CHI-Ma" l'adversaire sort de ses tranchées pour traverser no-man's-land et porter 1'attaque fermement contre son adversaire. Le clash du conflit et sa résolution doivent être décisifs. 

Savoir reconnaître et gérer les évènements à chacun de ces stades est un des moyens les plus puissants que nous possédons pour réaliser l'harmonie de 1'Aiki dans notre pratique. Et cela aussi bien sur le plan physico/technique que sur le plan mental/ spirituel.

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