Tempo, philo et mémento
L’été, temps de repos qui permet au corps de récupérer des affres de la saison écoulée et aussi de remettre une cheville douloureuse en place, cela fait longtemps que je ne me suis plus reposé durant quelques semaines et de rester sans pratique. Je veux ici parler de la pratique effective car il y quand même les stages avec les enfants et aussi la pratique « passive »à travers diverses lectures très instructives (y a t-il un mot japonais pour cela ?). Oui, voilà un temps ou je peux laisser libre court à ma passion pour la lecture….
Sur les conseils d’une amie, je me suis initié au Zen du temps à travers un petit livre « Le Zen du temps » d’Erik Pigani qui prône de vivre sa vie en ralentissant, il y de bonnes idées dans cet essai mais certains éléments m’ont bien fait réfléchir.
C’est vrai que le temps passe si vite, je ne vois pas la vie passer et je me dis parfois que j’approche de la fin et qu’il y a encore tellement de choses que je voudrais faire : étudier bien sûr encore et encore non seulement l’Aïkido mais aussi d’autres disciplines, voir les derniers maîtres historiques avant qu’ils n’aient disparus, voyager vers des contrées lointaines à la découverte d’autres cultures et de gens intéressants, lire des milliers de livres…mais on n’a qu’une vie et hélas celle-ci sera trop courte alors si je ralentis, je ne pourrais pas réaliser le centième ni même le millième de ce que j’aurais voulu accomplir.
D’un autre côté, je pourrais aussi freiner et avoir l’impression que ma vie sera plus longue mais cela ne sera t-il pas du à un ennui lié au manque de recherche ?? Ce n’est que mon idée par rapport à ce livre et certainement que d’autres gens penseront bien autrement et de multiples façons.
Comme si je n’achetais pas assez d’ouvrages (une ruine…), certains m’en offrent et des parents d’élèves m’ont donné un livre assez merveilleux « Petite philosophie des arts martiaux » d’Arthur Guigot, 160 pages de joie et de découvertes à travers les écrits de quelqu’un qui n’est pas « spécialiste » mais qui a pu bien analyser l’esprit du « Budo » et en faire des ponts vers des personnages tels que Spinoza, Rousseau ou Gibran, je vous le conseille et j’en publierai quelques extraits bientôt.
Il m’arrive de prêter des livres aux personnes que j’apprécie et on m’a rendu après quelques mois de location « Mon mémento d’Aïkido » d’Olivier Gaurin, je l’avais déjà lu mais ce jour là n’ayant rien à lire dans le train, je me suis replongé dedans…j’y ai vu des éléments que je n’avais pas vu la première fois.
Il y a certaines « bibles » comme ca que l’on a envie de relire plusieurs fois tel « Nature et harmonie » de Saotome Sensei que j’ai du parcourir plus d’une dizaine de fois y découvrant à chaque fois de la nouveauté peut-être due à mon humble évolution dans la pratique au fil des années.
Pour revenir au mémento, c’est vraiment un ouvrage à mon sens essentiel car non seulement il démontre les techniques de bases de façon originale mais il fait énormément de parallèles vers d’autres disciplines telles que le Seitai, méthode de soin japonaise. Tout cela nous amène vers notre meilleur ami qui en en fait ne nous quitte jamais d’un tempo : notre CORPS….dont Olivier Gaurin détaille très bien l’utilisation optimale dans notre pratique de tous les jours mais également au dehors car finalement il faudrait arriver à être « aiki » tout le temps. Un bon esprit se dégage de ce pamphlet, Olivier a vécu 11 ans au Japon, est revenu en France quelques années avant d’y repartir en 2005. C’est un pratiquant journalier de l’Aïkikai de Tokyo et est également élève de Christian Tissier. A le lire, il respecte tous les pratiquants quelle que soit l’école ou l’appartenance, belle philo…
Bon, j’écris, j’écris et le temps passe encore….finalement, le temps perdu ne se rattrape jamais….