Relation entre UKE et TORI
| Uke, l’eau et le miroir |
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Une des difficultés principales du travail d’uke est de permettre à l’autre de travailler et de progresser sans pour autant le corriger ou bien le bloquer. Comprendre le sens du travail d’uke, c’est aussi comprendre les principes mêmes de l’aïkido. ![]() Un des aspects les plus originaux de l’aïkido par rapport aux autres arts martiaux est la nécessité de la relation. Tori et uke sont tous deux acteurs de créativité dans la forme technique et de manière plus générale sont co-responsables de la réussite d’un bon travail. 無我無心 muga mushin, Absence d’ego, esprit vide Quand uke bloque tori, quand il s’occupe de le corriger sans arrêt, de l’empêcher de développer son propre mouvement, il montre qu’il ne sait pas où placer son esprit, qu’il n’est pas vide et donc qu’il n’est capable que de réfléchir sa propre image : la relation est cassée et l’unification impossible. Sur le plan éthique, mu-ga mu-shin trouve sa propre réalisation dans le concept de makoto (sincérité). Quand Uke a nettoyé son esprit (comme un miroir) et, sans jugement, offre à l’autre une vision claire de lui-même, il a acquis la sincérité nécessaire pour créer la relation et donner à l’autre la seule chose utile: la disponibilité. Trop souvent, cette sincérité a été mal comprise. Il n’y a aucune sincérité dans l’attitude vexante des uke qui, pétrifiés, ne permettent pas à tori de bouger (ce qui est encore pire lorsqu’il est débutant). La seule immobilité productive dans l’Aïkido est celle de « l’esprit inamovible » (fudoshin) qui doit toujours contrôler notre ego, mais cette immobilité ressemble plus à celle du lit d’un fleuve, dans lequel l’eau coule sans obstacle, qu’à celle d’une pierre qui en bloque le mouvement naturel. Le lit soutient, accélère ou ralentit l’eau, elle, lentement, en creuse la profondeur. Le fleuve ne peut exister que là où l’eau et le lit ne font qu’un. Tori et uke sont indissociables. L’esprit d’uke doit être similaire à l’eau dans un autre sens aussi, il doit aspirer à mizu no kokoro, « l’esprit comme l’eau ». Celui qui a acquis mizu no kokoro est à la fois dans un état de calme total et sensible à toutes les stimulations, comme l’eau qui est sensible au plus petit des souffles du vent. Aucune montagne ne peut se refléter dans un lac perturbé, quelle qu’en soit sa grandeur. Si l’esprit d’uke n’est pas immobile, donc, il ne sera capable de montrer à l’autre aucune image de soi. 水の心 C’est le sens le plus profond du travail d’uke : recevoir et redonner sans rien ajouter, si ce n’est la sincérité. C’est l’acceptation inconditionnée de l’autre, sans jugement. Il existe une célèbre calligraphie de Hakuin (1685-1758) où, à côté du visage de Bodhidharma, le grand maître zen a écrit : « Enchanté de faire votre connaissance : je n’ai rien à vous dire ! ». Sans doute Hakuin connaissait-il l’esprit de l’Homme, assurément, il eût été aussi un uke formidable.mizunokokoro L’esprit de l’eau |
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