La respiration Jutsu est uniquement ventrale, avec condensation de l’air, de l’énergie et de la force dans le bas du ventre. L’objectif était bien sûr l’explosion énergétique visant la destruction. Cette pratique développe le Hara qui physiquement se traduit par une concentration de force au centre, et psychologiquement par un enracinement de l’individu. Le pratiquant s’exerçant à cette respiration, devient tel un rocher, immuable, très lourd disposant comme lui d’une énergie potentielle extraordinaire. Elle aboutit également au shisei significatif de la personne n’encourageant pas la convivialité.
La différence entre cet objectif respiratoire jutsu et celui de l’Aikido tient dans la phrase de Ô Senseï : "J’ai compris que dans le ventre il ne fallait pas y placer la force mais l’esprit."
Pour parvenir à ce nouvel objectif, il faut réaliser deux choses :

  • Eliminer la force dans le ventre, c’est à dire en faire un endroit force zéro, où toutes les forces physiques de l’homme s’annulent.
  • Respecter la verticale, c’est à dire transformer l’enracinement Jutsu (strictement Terre), par une prise de conscience Ciel – Terre.

Maître Tamura ne dit-il pas de la position Seiza : "On dit qu’il faut avoir l’impression de soutenir le Ciel avec la tête mais il est peut être préférable d’avoir le sentiment d’être suspendu au Ciel."

Il est très simple de démontrer physiquement cette affirmation :
Deux partenaires s’exercent à Kokyu Ho. Pour aider le plus "faible", il suffit par derrière de le prendre par la ceinture et de le lever légèrement (et non pas de pousser ses hanches vers le bas). Le pratiquant ainsi manipulé relâche immédiatement toute sa partie inférieure dans l’espoir de reprendre contact avec le tapis. Tori sent alors une résistance beaucoup plus grande. Vous venez de démontrer la puissance de la verticalité, ce respect de l’axe Ciel – Terre. Aite au lieu de "lutter" horizontalement, oublie cet axe pour "lutter" verticalement et sa tenue est plus grande.
Il en est de même lorsque vous poussez la main tendue d’un élève en garde. Cette force, il la transmet intuitivement vers le sol et garde ainsi sa stabilité. Mais si vous le tirez, en général, il bascule. Cette force de traction, transmise non vers le bas mais vers le haut (par le sommet du crâne) assure sa stabilité. L’union de ces deux axes de transmission (verticalité) assure sa cohésion dans tous les cas de figure.
Calmer l’Esprit, c’est calmer le corps. Un corps calme est un corps qui respecte par toutes ses parties la pesanteur, la verticalité. La respiration, vecteur de cette action, est un moyen de se préparer à la pratique, de trancher avec les vicissitudes de la vie quotidienne, de son stress, de ses problèmes. Le rôle des Aikitaiso respiratoires consiste donc à faire naître cet état de conscience du vertical. La respiration vecteur de cette prise de conscience devient alors complète verticale, c’est à dire ventrale et thoracique haute. Les poumons se remplissent suivant le principe de la pesanteur, comme on remplit une bouteille d’eau : d’abord le bas, ensuite petit &agra