Présentation

Mardi 5 juin 2007

Essayons d'appliquer ces concepts dans le vie de tous les jours :
Vous devez recevoir des amis. Vous préparez votre soirée, le repas et vous vous réjouissez du bon moment que vous allez passer. Vous êtes Omote, quand l’événement est prévu et que tout est prêt pour y faire face.
Sur le tapis, vous exécutez Ikkyo en demandant à votre partenaire d’attaquer Shomen Uchi. Vous traitez l’événement omote parce qu’il est convenu à l’avance.Par contre, vous passez une bonne soirée avec votre famille devant la télévision, soudain des amis sonnent pour vous accompagner dans cette veillée. Vous accueillez donc avec beaucoup d’amitié ces amis en préparant avec eux le repas et la soirée. Vous êtes URA lorsque vous accompagnez harmonieusement un événement imprévu, pour lequel rien n’était prêt.
Omote est habituellement considéré comme une action de face, Ura une action sur le côté du partenaire, sur sa face externe. Dire qu’Omote et Ura sont les deux faces de la même médaille, comme le jour et la nuit, n’explique pas et ne justifie pas le travail effectué sur le tapis suivant ces deux modes.
Lors d’un randori, il est usuel d’utiliser Ura. Arrivé à une certaine pratique, vous pouvez susciter l’attaque que vous désirez et pratiquer Omote dans un randori. Vous devenez Maître du jeu et non plus participant.
Suivant ces exemples simplistes mais efficaces pour la compréhension, il est facilement concevable de déterminer les interactions d’Irimi et de Tenkan, avec celles d’Omote et d’Ura.
On peut ainsi multiplier les types de situations, les explorer les travailler sur le tapis, en référence permanente avec la vie courante.
On peut alors résumer : 
* Irimi Omote : réponse à un événement anormal, prévu qu’il est nécessaire de changer. 
* Irimi Ura : réponse accompagnante et transformante face à un événement anormal imprévu. 
* Tenkan omote : réponse respectant un événement normal prévu qu’il ne convient pas de changer. 
* Tenkan Ura : réponse respectant l’événement normal et imprévu.
Lorsque vous avez eu un problème professionnel et que vous êtes convoqué par votre patron, vous entrez dans son bureau de façon Omote. Vous savez ce qui vous attend, ce à quoi vous allez devoir faire face. Si les réprimandes sont justifiées vous serez Tenkan Omote, si elles sont injustifiées vous devez être Irimi Omote.
Si lors de votre travail, on vous convoque de façon impromptue chez le patron, vous y entrerez Ura, car l’événement est imprévu. Si cet entretien est normal, vous serez Tenkan Ura, sinon vous devez être Irimi Ura. 

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Vendredi 25 mai 2007

Aujourd'hui, culture générale sur notre art avec un petit explicatif sur les styles et n'oublions pas "Les différences font les richesses...".
ll existe de nombreux styles d'aikido. La diversité de ces styles a plusieurs raisons. Tout d'abord, le fondateur ne s'est que peu occupé de la transmission de sont art, se retirant dès la fin de la guerre dans le petit village d'Iwama. L'aikido nous a donc été transmis par les différents élèves l'ayant étudié auprès de lui sur des périodes plus ou moins longues et à différentes périodes de sa vie (et donc différents stades d'élaboration de son art). Beaucoup de ces mêmes élèves ne se sont pas particulièrement attachés à conserver tel quel l'enseignement qu'ils avaient reçu, et ont donc apportés leurs modifications personnelles. Ils en résulte de nombreux styles plus ou moins différents, aux aspirations fort divers. L'aikido d'origine a, lui, été conservé par les élèves s'étant spécialement consacré à cette tâche, et étant du coup restés à Iwama auprès du fondateur jusqu'à la fin de sa vie, notamment Morihiro Saito.D'un style à l'autre, l'aikido peut prendre la forme d'une discipline de santé, d'un sport de compétition ou même d'une démarche spirituelle. L'efficacité martiale, elle, peut grandement varier. Dès lors il convient de bien se renseigner sur le type de pratique d'un dojo avant de l'intégrer, et cela afin que les aspirations de ce style soit le plus possible en adéquation avec les votres.
Conflits entre les styles
Le monde de l'aikido est secoué depuis toujours par d'innombrables conflits entre les différents styles qui le compose. Chaque style ayant des aspirations et des pratiques différentes, les affrontements semblent inévitables... A cela viennent s'ajouter les conflits de personnes, qui créent régulièrement des "schismes" au sein des dojos, multipliant encore le nombre d'écoles.
Les principaux styles
Aikibudo
"Aikibudo" est le nom donné à l'aikido pratiqué par le fondateur avant la seconde guerre mondiale. Il est donc très proche sur Daito-ryu aikijustu enseigné par Sokaku Takeda à O-Sensei (le fondateur). O-Sensei disait qu'il avait inventé l'aikido seulement après la guerre. L'aikibudo n'est donc pas vraiment de l'aikido. Il s'agit d'un style plus "dur" car n'ayant pas ce soucis de préserver l'adversaire comme peut l'avoir l'aikido.
Aikikai
Le style d'aikido de loin le plus répandu dans le monde. Il a été initié par le propre fils du fondateur, kisshomaru Ueshiba. C'est grâce aux efforts de ce dernier en matière de pédagogie que l'aikido a connu un développement international, au prix cependant d'une simplification des techniques lui ayant fait perdre une grande partie de son efficacité. L'aikikai est également le style le plus hétéroclite. Il regroupe en effet de nombreuses pratiques assez différentes. L'efficacité martiale immédiate n'est pas le but recherché. L'accent est mis sur une pratique harmonieuse, une recherche de la justesse. 
Yoseikan
Minoru Mochisuki a fait, dans ce style, une synthèse de l'aikido, du karate, du judo et du jujustu. Minoru Mochizuki était d'ailleurs un proche disciple de Jigoro Kano, le fondateur du judo. Les différences avec l'aikido traditionnel sont donc nombreuses comme l'ajout de techniques de pieds.
Iwama shin shin aiki shurenkai (Iwama ryu)
Dirigé par Hitohiro Saito, fils de Morihiro Saito. Morihiro Saito était le plus proche disciple du fondateur, auprès duquel il a étudié plus de 24 ans. Il a dédié sa vie à la préservation fidèle de l'aikido du fondateur, tâche reprise à sa mort par Hitohiro Saito. L'iwama shin shin aiki shurenkai se caractérise notamment par l'importance accordée au travail des armes. Il est généralement considéré comme le style le plus proche de l'aikido pratiqué par le fondateur. A l'origine au sein de la fédération aikikai bien que très différent et mal accepté par ce dernier, il est récemment devenu indépendant. 
Tomiki aikido
Il s'agit du style de Kenji Tomiki, proche disciple du fondateur. Ce style se différencie de tous les autres par l'introduction de la compétition, ce qui fut un point de désaccord profond entre Kenji Tomiki et le fondateur de l'aikido, Morihei Ueshiba.
Shinshin toitsu aikido (Ki Society)
Style initié par Koichi Tohei, également élève direct du fondateur. Il s'agit du style d'aikido le plus "doux". Le but est le développement personnel par le contrôle de l'énergie (Ki). Il s'agit plus d'une disciple de santé que d'un véritable art martial. Connu outre-altantique sous le nom de "Ki Society", il est très éloigné des autres styles.
Autres styles
Aiki tenshin shokai
Style conduit par Andrew Moxon réunissant : l'aikido de Toshinobu Suzuki, des techniques de iaido (art de dégainer), des techniques de Shindo muso jo (bâton) ainsi que des pratiques shinto (religion japonaise). L'Aiki tenshin shokai s'attache à respecter l'étique traditionnelle des budo japonais.
Aikido schools of Ueshiba
Ce style a été initié par Mistugi Saotome. Si l'ASU fait aujourd'hui partit de l'aikikai, il a longtemps été un groupe indépendant. La pratique des armes est particulièrement présente dans ce style.
Takemusu aiki intercontinental
Style techniquement parfaitement équivalent à l'iwama ryu, fondé par un groupe d'élèves de Morihiro Saito. Il semble se différencier de l'iwama ryu principalement par ses positions (politiques) plus tranchées. Cependant, les conflits de personnes semblent plutôt être la vraie raison.
Takemusu aiki bukikai
Tout comme Takemusu aiki intercontinental, Takemusu aiki bukikai est techniquement semblable à l'Iwama ryu. Ce style a été initié par Patricia Guerri, également élève de Morihiro Saito. 
Fugakukai
Style semblable au Tokimi aikido mais sans compétition.
Jiyushinkai
Style né du style Fugakukai.
Et encore...
Fuji ryu
Kokikai
Seidokan
Shin budo kai
Takemusu kai
Shin'ei taido

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Mardi 22 mai 2007

Tous les conflits qui nous assaillent dans notre vie doivent, suivant les principes et les enseignements physiques de l’Aikido, être harmonisés. Ce principe est le même que dans une technique d’Aikido. L’harmonisation des conflits passe par la verticalisation. Dans notre vie quotidienne, cette verticalisation peut se nommer la troisième dimension.
Prenons quelques exemples :
Vous évoluez dans la vie sans problèmes de santé particuliers. Ne laissez pas les choses en l’état, prêtez attention à votre santé, même si rien ne se manifeste. L’homme fonctionne comme une toupie. Il est nécessaire de lui redonner constamment de l’énergie pour ne pas qu’elle perde trop de vitesse et se mette tout à coup à évoluer dans tous les sens de façon anarchique avant de s’arrêter.
Cette attention de l’Esprit sur le corps, de son esprit sur les autres, est la même que celle développée sur le tapis d’Aikido. Prêter attention, c’est envoyer du Ki, c’est accéder à la perception. C’est le principe des Kiatsu. Envoyer du Ki c’est percevoir le corps, l’Esprit, du partenaire. Martialement c’est une notion fondamentale.
Vos deux enfants jouent au football dans l’appartement et manifestement y prennent goût et n’entendent pas arrêter. Dans le système horizontal, on pourrait concevoir, soit hurler et les contraindre par la force pour qu’ils stoppent, soit les laisser faire. C’est aller dans le sens contraire du Ki ou dans le même sens.
Dans cette première solution, vous allez violer l’indépendance et le caractère naissant de vos enfants. Dans le deuxième cas, vous allez vous retrouver à terme avec un appartement dévasté. La troisième dimension (verticale : Irimi ) consiste tout à coup à faire irruption dans la pièce, et à leur proposer un nouveau film vidéo, une ballade en forêt, une partie de tennis avec leur père, tondre la pelouse, aller voir des amis, prendre la responsabilité d’aménager un nouvel espace jeu etc.. Si le choix est judicieux, il est fort à parier que ces bambins vont vous emboîter le pas, délaissant le ballon en criant de joie. Le problème a été résolu, en harmonisant les conflits, sans en créer d’autres, sans forcer vos enfants, et sans laxisme qui ne ferait que reporter le problème.
Dans le cas de la force (entrer contre le Ki de Uke) il est à parier que ces enfants attendront votre départ pour faire leur partie, et leurs attitudes générales deviendront fausses, cachées, perverses. (Sur le tapis : recentrage de Uke dans vos techniques). Dans le cas du laxisme (aller dans le sens du Ki de Uke) ils finiront bien par profiter naturellement de l’engrenage et par un jour tirer à la carabine dans votre salon (sur le tapis : Enchaînement des contre-attaques de Uke dans votre technique). Cette pratique nécessite de l’expérience, car en fait l’enjeu est de changer la direction de l’Esprit de ces enfants et non pas leur esprit. Changer cette direction du Ki c’est le principe Atémi-Irimi de l’Aikido. Le réussir, le comprendre sur le tapis physiquement et intellectuellement assure son actualisation dans la vie quotidienne.
Dans une gare, il est normal de voir courir des personnes, le visage angoissé de manquer leur train. Cette situation est normale, naturelle et pourtant violente si l’on y prend garde. L’agressivité naturelle d’un homme qui court prendre son train et qui va vous heurter nécessite Tenkan. Cette situation est normale. Si en courant, sans regarder devant lui, au dernier moment il vous voit, et que vous faites une esquive, il est fort probable qu’il tombe. Si au contraire vous faites Tenkan en saisissant ses hanches, il poursuit sa route parce que vous avez stabilisé son déséquilibre spontané destiné à vous éviter. En agissant de la sorte vous avez donc participé à la stabilisation d’une situation naturelle, sans la perturber. Vous avez fait Tenkan.
Dans une église, si au cours du recueillement habituel, vous voyez soudainement courir des personnes de manière désordonnée, il se passe quelque chose d’anormal. Il est nécessaire alors de rentrer dans la situation (Atémi-Irimi) et d’aider, d’agir pour changer cette situation et la faire revenir à la normale.
Ces exemples montrent à quel point la situation naturelle est affaire de contexte et de sensation. L’homme qui s’exerce au Budo, évolue naturellement, et agit rapidement et justement pour changer toutes situations anormales, dans l’Esprit d’harmoniser la vie avec l’ordre universel. Il respecte et participe aux actions quotidiennes naturelles sans les troubler, en donnant son l’énergie pour aider au maintient de l’ordre universel.

 

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Jeudi 3 mai 2007

Ce dernier week-end d'avril, nous avons eu l'honneur d'accueillir Jean-Luc Fontaine, ce pour la 5ème année consécutive. Le vendredi soir, au Suki Dojo, travail de prise du centre avec comme support Kata Dori Men Uchi, travail très dynamique et une nouveauté, l'attaque d'un débutant par plusieurs anciens, histoire de le bousculer (assez réussi...).Travail très apprécié même par les habitués de Sugano Sensei.
Le samedi matin, stage enfants avec une soixantaine de participants venus d'un peu partout. A nouveau, haut niveau de pédagogie en expliquant aux enfants le programme de la matinée. Vint ensuite l'art de nouer la ceinture (d'une façon jamais vue) et la mise du hakama. Le cours pouvait enfin débuter par une multitude d'échauffement très ludiques qui ont grandement ravis nos juniors. Avec une telle assemblée, on aurait pu croire que le désordre le plus total allait régner, il n'en fut rien grâce à l'enseignement apaisant "ave l'accent" de note hôte. L'après midi après un bon repas, travail dans une chaleur digne du sahara, principalement sur Katate Dori (les bases, toujours y revenir) puis une heure de cours Dan "à la carte" suivi par les examens Aikikai, d'un très bon niveau et que nous avons pu suivre en spectateur.
Le dimanche matin,après un très agréable petit déjeuner, étude de Bokken avec Ichi No Tachi dans le magnifique site du Ronvau avec un peu de Jo pour terminer. Triste que celà se soit terminé, à l'an prochain Senseï....

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Dimanche 15 avril 2007
Commençons ce temps de réflexion par deux questions posées par TAMURA Senseï, il y a quelque temps déjà, au cours d'un stage : «  Pourquoi avez vous le visage fermé, durci lorsque vous êtes projetés par Tori ? Et, pourquoi souriez-vous lorsque c'est moi qui vous projète ?   » Ces deux questions ouvrent à de nombreuses réflexions....
Pourquoi faites-vous la tête lorsque vous êtes projetés par Tori ? Senseï nous interroge là, sur notre manque de plaisir apparent dans la pratique, et à mon avis, au-delà de cette apparence, stigmatise, la réalité de la compétition qui existe sur nos tatamis. Bien sûr, la compétition sportive est exclue de l'esprit de l'Aïkido
. Mais la compétition, au sens psychologique du terme, fait partie du fonctionnement de l'être humain. La compétition psychologique est un ensemble de comportements destiné à prouver à l'autre (et surtout à soi) que l'on est le plus fort, le plus performant, le plus compétent. « Où est le problème ? », pourrait-on dire. Après tout, l'histoire nous montre que bien des civilisations se sont fondées sur le rapport de force et notre société s'appuie souvent sur les incitations à être le premier dans sa catégorie : l'école, les filières professionnelles, le sport, le commerce, la recherche scientifique.... où sont récompensés les vainqueurs, les champions, les forts. 
La compétition présente deux inconvénients : le premier, c'est que nous mesurons notre valeur par rapport aux autres. Etre meilleur que les autres ne signifie pas forcement être bon : « au pays des aveugles, le borgne est roi ». Le deuxième inconvénient est plus insidieux : chercher à prouver que l'on est le meilleur peut nous amener à cacher nos manques et nos difficultés, aux autres (ce qui n'est pas très grave), et parfois même à nous-mêmes (ce qui est plus gênant) et ce, parfois même, sans s'en rendre compte (ce qui devient très gênant). Comment progresser sans connaître ses défauts et ses faiblesses ? D'où l'adage souvent répété en Aïkido : « il n'y a de compétition qu'avec soi-même », pour nous inciter à éviter ces inconvénients lies aux relations de compétition. 
Pourtant le besoin de s'affronter aux autres est nécessaire à la progression, et il nous faut distinguer une compétition positive que l'on peut appeler « émulation », où la volonté de dépasser ses difficultés grâce à l'autre nous fait agir. Comment distinguer compétition et émulation ? Dans une relation basée sur l'émulation, il est plaisant de voir l'autre réussir, même si nous sommes dans une impasse. « Il faut travailler dans la joie », disait O Senseï. La joie de réussir, de voir notre partenaire réussir, mais aussi la joie d'avoir identifié un blocage, une difficulté chez nous, car cette difficulté sera le point d'appui d'une nouvelle progression.
Cette contradiction entre la volonté de détruire l'ennemi inhérente aux arts martiaux et l'utilisation de l'autre comme miroir de soi-même avait été identifiée et résolue par O Senseï : «  Je veux que les gens pensent à écouter la voix de l'Aïkido, non pas pour corriger les autres, mais pour corriger leur propre esprit, c'est cela l'esprit de l'Aïkido. C'est la mission de l'Aïkido et cela devrait être la votre  »

Pourquoi souriez-vous lorsque c'est moi qui vous projète ?
Parce qu'il n'existe pas de compétition avec un Maître. Entrer en compétition avec celui qui le plus avancé (et tellement plus) d'un groupe, c'est s'exclure du groupe. Dans ce cas, il serait plus précis de parler de rébellion et non de compétition. Dans une perspective psychanalytique, la compétition est du niveau de la fratrie, tandis que la rébellion se construit face au père. De la même manière qu'il existe un versus positif à la compétition appelé émulation, il y a-t-il une rébellion qui permette de grandir sans être exclu ? Il s'agit là d'un thème plus délicat. Rester dans la stricte copie du Maître, c'est se condamner à rester petit, s'opposer pour être grand, c'est s'exclure. La réponse à cet apparent dilemme se trouve dans le temps et dans le regard du Maître. Il y a un temps pour être petit et accepter de reproduire le comportement du Maître sans forcement comprendre, puis un temps pour commencer à comprendre et à ressentir, un temps pour proposer une vision différente et accepter les refus du Maître. Un temps, enfin, pour créer et apporter dans la continuité de l'enseignement reçu. Respecter le temps de la progression n'est pourtant pas suffisant, car il nous faut pour progresser, grandir et devenir autonome, que ce soit en Aïkido ou dans tout autre domaine de notre vie, le regard d'une personne « plus avant que nous sur le chemin » posé avec confiance sur nos capacités. La notion de confiance est au cœur de ces modes de relation. La confiance en soi permet de sortir de la compétition pour des relations d'égal à égal. La confiance en l'autre permet d'éviter les piéges de la « rébellion-exclusion ». Il est nécessaire à l'élève d'avoir confiance dans le Maître lorsque celui-ci refuse (une promotion, un grade, une idée, etc) ou le soumet à une épreuve. Et plus la valeur de l'élève est élevée, plus les épreuves sont dures. Le Maître a confiance dans les capacités de l'élève à surpasser les situations qu'il rencontre au cours de sa progression. Notons que les choses ne sont pas forcément aussi simples. Lorsque le Maître refuse, cela peut être une épreuve qu'il impose à son élève pour l'amener à se dépasser par delà le refus ! Ce que résume Chiba Senseï
 par : « le Dojo est le lieu où la destruction sévère et intense de l'Ego prend place ». 
Terminons cette réflexion par une métaphore de la religion brahmanique.
Une fois que les dieux eurent créé le monde, les animaux, puis l'Homme, ils se réunirent, se rendant compte du danger de leur création. Ganesha prit la parole pour expliquer la situation : « l'Homme », dit-il, « est une créature capable de sagesse. Bien sûr, l'Homme peut se montrer vindicatif, jaloux, retors, méchant, violent, barbare, mais il est également capable de compassion, de justice, de bonté, de coopération, d'entraide, d'amour et même de ... Sagesse. Et si l'Homme devenait sage, il serait notre égal ». Indra, le chef des Dieux, celui qui a pour monture un éléphant tricéphale, leur dit : « Cachons la sagesse de l'Homme afin que jamais il ne la trouve ». « Mettons la sagesse de l'Homme sur la plus haute des montagnes », proposa l'un des dieux. « Non, dit Indra, nous avons créé l'Homme aventureux et un jour l'Homme atteindra la plus haute des montagnes ». « Cachons la sagesse de l'Homme au creux de la matière ? », dit un autre. « Non, nous avons crée l'Homme intelligent et un jour l'Homme maîtrisera la matière ». « Cachons sa sagesse au fond des mers ? » Non, dit Indra, nous avons créé l'Homme ingénieux, et un jour l'Homme pourra créer les machines pour aller au fond des mers. La discussion se poursuivit ainsi sans que les Dieux ne trouvent de solution à leur problème. A un moment, Indra annonça : « Je sais ce que nous allons faire. Cachons la Sagesse de l'Homme au fond de lui-même. Il n'aura jamais l'idée d'aller la chercher si près de lui. »
Et l'on peut dire que les Dieux ont été plus loin que cela, car, pour nous mettre face à notre liberté, ils ont créé des êtres d'exception comme O Senseï qui ont su construire des chemins vers la Sagesse et puis ils nous ont posé deux choix : le premier est de choisir le chemin et le guide sur cette voie vers la Sagesse et, le deuxième, plus inconscient, est de choisir ce que nous faisons de l'enseignement de ce guide.  
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Jeudi 29 mars 2007
Bel article d'une élève de Nebi Vural .
Les arts martiaux ont été créés par des hommes pour les hommes ; et l'aïkido n'a pas échappé à la règle!

Difficile a entendre et a intégrer lorsqu'on est une femme, que l'on pratique l'aïkido et que la seule chose qu'on désire le plus c'est de pratiquer encore et encore, de partager ses sensations voire les transmettre!
Et pourtant c'est une évidence : l'aïkido a été créé par un homme pour les hommes.
De ce constat on peut donc se demander comment la femme peut elle trouver sa place dans cette discipline ? A t elle un rôle à jouer dans la pratique de l'aïkido et comment le justifier? Peut elle évoluer techniquement comme un homme? A t elle une légitimité technique ?
Et parce qu'il est bien convenu que c'est l'homme qui part faire la guerre et pas la femme, que nous n'avons pas été programmée pour décimer notre espèce mais pour donner la vie, il paraîtrait très logique de penser que les arts martiaux ne sont pas innés chez nous.
Mais même si les arts martiaux ont longtemps été l'affaire des hommes, on peut facilement imaginer qu'ils ont subis la même évolution que la société elle même -dans sa globalité- : effectivement nous tendons vers une mixité dans tous les domaines quels qu'ils soient : Nous voulons nous aussi diriger, participer activement au développement de notre société, de notre vie politique, économique et sociale... mais si c'était bien plus qu'une mode ou un combat pour la mixité??
Pour ce qui est de la place de la femme dans le budo...
Pour justifier le rôle ou tout au moins la place de la femme dans la pratique d'un art martial ou plus particulièrement de l'aïkido, il faut aller plus loin que les arts martiaux eux mêmes, il faut plutôt s'imprégner de la culture qui les berce.
Dans la tradition japonaise de la période Edo, les femmes pratiquaient un art martial spécifique, le « nagi nata » : une arme de guerre ancienne, comparable à une lance ou à une faux, qu'on accrochait au-dessus de la porte et que les femmes utilisaient pour défendre la maison. Le maniement de l'arme n'était alors enseigné que dans des écoles réservées exclusivement aux femmes; Bien heureusement les moeurs ont évoluées et les tatamis sont devenus mixtes!!La femme était donc naturellement incluse dans le contexte historique de guerre du japon.
Justifier le rôle de la femme dans l'aïkido
Il est très difficile d'aborder ce sujet sans tomber dans des lieux communs :
Donner ou recevoir un coup et même chuter n'est pas simple d'autant plus que depuis toute petite fille nous jouons plus à dorloter nos poupées qu'à faire des cascades! Sans préjugés ni standards vulgarisés, cette caricature est là pour rappeler les apories qui existent sur les arts martiaux et sur les différences entres les sexes encore plus chez les personnes qui ne connaissent pas bien les arts martiaux et leurs natures profondes.Parce qu'il n'est tout de même pas faut de penser que les hommes ont en eux une sorte « d'efficacité technique naturelle ».
Mais l'essentiel de notre travail technique est basé sur « une utilisation intelligente de notre force physique» c'est a dire pas de résistance et pas de heurts à l'encontre de notre partenaire. D'ailleurs en aïkido nous n'avons pas d'adversaire mais des partenaires : nous mettons à tour de rôle notre corps à disposition de l'autre pour l'apprentissage de la technique.
Ce qui fait la richesse de l'aïkido c'est qu'il n'y a pas de place pour le combat, la lutte et la recherche du pouvoir, l'aïkido est une voie à suivre: une philosophie.
Et c'est cet esprit véritable de la voie qui séduit entre autres les femmes et qui leur permet de s'épanouir dans notre discipline.
Pour ce qui est de la légitimité technique des femmes...
La vraie question n'est pas de savoir si l'on peut évoluer comme un homme, mais de savoir si l'on peut évoluer tout simplement; aurons nous la chance un jour d'avoir des modèles féminins?
Pour ce qui est d'avoir une légitimité technique, je dirais que j'ose y croire même si malheureusement on peut se sentir encore parfois très seule sur le tatami notamment pendant les stages enseignants, où nous sommes peu nombreuses et parfois un peu délaissées.
Il y a encore trop peu d'exemples féminins CEN (chargé d'enseignement national).Aucun motif pourrait justifier le contraire : l'aïkido nécessite et développe la souplesse et l'énergie qui sommeille en nous en tentant d'oublier la force physique et l'agressivité : Pourquoi ne serions nous pas capable de démontrer ces principes en servant d'uke plus souvent par exemple? Rares sont les fois où les femmes servent d'uke en stage!
Sommes- nous capables d'être égaux tout en restants différents ?
N'oublions pas de rester différents c'est ce qui fait notre richesse et qui nous fait évoluer ;
Une chose est sûre c'est que nous devons préserver notre art de tout risque de ségrégation possible : il ne doit pas y avoir d'aïkido spécifiquement féminin, mais restons féminines sur le tatami. Nous devons nous évertuer à perpétuer notre aïkido : celui que TAMURA SENSEI nous transmet.
J'oublie peut être une question essentielle : la motivation de tout à chacun :
Avons nous les mêmes désirs, les mêmes envies et la même quête des sensations.
Pour le savoir il faudrait le demander à nos amis masculins... peut être dans un article sur l'aïkido et les hommes!!
Dans l'attente de vous lire!... 
Lucille Boulogne
Shodan
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Mardi 13 mars 2007

Le week-end dernier, nous avons eu la visite de Nebi Vural, personnage haut en couleur au demeurant très sympathique. Comme souvent lors de ses stages, nous avons eu droit au travail Tanto en bois mais aussi réel. Nous, pratiquants, n’avons pas testé le travail à lame réelle mais, à voir la réaction de ses uke,  cela nous a permis de discerner la différence de travail lorsque l’on se trouve face à un tel outil. Le samedi, enchainement de techniques portant au maximum vers le réalisme, normal venant d’un enseignant habitué à côtoyer des forces de police, sécurité, etc. Très intéressant aussi,  les explications sur les origines des techniques que l’on sent reçues de la bouche même de Tamura Senseï. Autre propos tenu, on juge un pratiquant à la position de ses pieds, ce qui nous a valu la fameuse théorie des « zoris raccourcis » et le non moins fameux « lancer de zori ». Dimanche matin, techniques plus accessibles pour les débutants présents et surtout un très intéressant travail sur « Ushiro Ryote Dori Ikkyo » décortiqué par niveau ; jusque Shodan une façon, Nidan autre façon, et ainsi de suite. 
Un bon moment en somme et que tout le monde a grandement apprécié. J’avais déjà eu la chance de suivre son enseignement lors des formations organisées par le Fédération Française mais dans des stages avec 150-200 personnes, on perçoit fatalement moins de choses qu’en petit comité. En parlant de monde, il m’a semblé bizarre que seulement une trentaine de pratiquants aient participés à cet évènement. Est-ce le désintéressement pour un expert quand même reconnu de par le monde, une lutte d’intérêt ayant pour but le protectionnisme ou le beau temps printanier ??? J’ose espérer qu’il s’agisse de la troisième possibilité….. 
Merci à Rose et à Olivier d’être venu représenter nos Dojos. 

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Vendredi 2 mars 2007

Merci à Ivan d'Aikidoka
Le nettoyage du dojo fait partie des principes de base que tout pratiquant d’art martial se doit de connaître. Il permet de conserver un endroit propre, mais aussi d’amener le pratiquant à l’humilité. C’est donc un acte essentiel, qui s’est souvent perdu dans nos dojos.
Tamura sensei raconte parfois qu’il avait beaucoup appris lorsqu’il était de corvée de nettoyage des sanitaires. Derrière cette déclaration il ne faut pas voir un goût particulier pour la serpillière, mais plutôt une explication importante du rôle du nettoyage dans un dojo. De nos jours, combien de pratiquants d’aïkido ont déjà, ne serais-ce qu’une seule fois, passé le balai, l’aspirateur, la serpillière, tapé les tatamis pour en chasser la poussière ? Très peu. Un petit nombre issu des dojos traditionnels peut être. Il suffit d’aller dans un dojo au hasard d’une ville pour apercevoir des moutons dans les coins, des saletés sur le tatami, ou un vestiaire avec des traces de chaussures. C’est indigne d’un dojo d’art martial qui est un lieu d’études et d’efforts, où le corps transpire, où les poumons respirent à plein régime. Le nettoyage devrait donc être le premier cours d’aïkido de l’année.
Il ne faut pas pour autant blâmer les enseignants du manque d’entretien des dojos, car généralement ce sont eux qui en sont les plus conscients et qui le regrettent le plus. La raison est souvent la suivante : le dojo est situé dans un centre sportif, un gymnase municipal, une association multidisciplinaire, etc. L’entretien n’est donc pas de leur seule responsabilité, surtout quand une salle doit être partagée tout au long de la semaine entre plusieurs cours différents. C’est pourquoi il est du devoir de l’enseignant de réclamer au propriétaire des lieux un nettoyage de la salle aussi souvent que possible.
Pour le reste, il faut réapprendre aux élèves le goût du nettoyage, car celui-ci a des nombreuses vertus. Outre la propreté, le fait de nettoyer permet à celui qui le fait de se sentir mieux. Qui n’a pas eu la sensation d’être plus propre à l’intérieur une fois qu’il a fini de laver sa maison ? Cela lui permet également de développer une énergie positive vis-à-vis de son dojo et de s’en sentir membre bien plus que s’il ne fait que venir suivre des cours. Un dojo n’est pas une cafétéria self-service. Déplacer les objets pour nettoyer, puis les remettre en place permet aussi de développer l’attention. Laver un plancher, balayer ou aspirer un tatami, nettoyer les vitres, demande un effort qui est un bon exercice physique en soi. Enfin, laver les toilettes et les douches derrière ses partenaires de pratique n’est jamais agréable. Cela demande de se rabaisser au niveau de ce qui ne sent pas bon, de ce qui dégoûte parfois. C’est là un travail d’humilité qui ne peut être que bénéfique à tous les pratiquants afin d’éviter les égos surdimensionnés.
Pour toutes ces bonnes raisons, le nettoyage doit (re)devenir la pratique numéro une, au début du cours et/ou à la fin du cours. Lorsqu’il est fait à tour de rôle et expliqué d’une manière positive, il renforce la cohésion et l’investissement des pratiquants autour de leur dojo. De plus, il donne une image de la qualité de l’enseignement dispensé dans le dojo pour les pratiquants de passage, ce qui ne peut qu’être bénéfique pour l’enseignant.

"Un dojo bien propre en Australie"

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Lundi 26 février 2007
Le hakama est le large pantalon que portait ordinairement le samurai. Il n'était pas conçu, comme on le prétend parfois, pour dissimuler les pieds ou donner l'illusion de flotter. En fait, le hakama était remonté dans la ceinture quand un affrontement devenait imminent, tout comme les manches du kimono étaient retenues par une longue bande de tissu, le tasuki. Le hakama fut l'habit traditionnel des classes nobles durant toute l'histoire du Japon. C'est durant la période Edo qu'il prit la forme définitive en usage aujourd'hui. Le hakama est normalement porté dans la pratique des Arts Martiaux faisant partie de la tradition classique. Il est donc le symbole de leur noble hérédité. Le hakama nous incite à refléter la vraie nature du bushido. Le port du hakama symbolise les traditions qui se sont perpétuées de génération en génération.
Le Maître et les Yudansha sont les ambassadeurs du Budo, ils sont responsables par leur comportement de la réputation de leur Ryu (école). Le port de la ceinture noire et du Hakama sont les symboles visibles de leur avancée sur le chemin escarpé qui mène à la Voie. En Budo, le grade représente l'ensemble (Ichi) d'une triple valeur, Shin (valeur morale), Gi (valeur technique) et Tai (valeur physique) indissociables. Les pratiquants d'Arts Martiaux se doivent de "polir les sept vertus du Budo, reflets de la vraie nature du bushido, que les sept plis du hakama symbolisent". Ces sept vertus sont, sans aucune hiérarchie entre elles :
 
·     Jin (bienveillance, générosité) : la bonté ou la bienveillance suppose une attitude pleine d’attention pour autrui, sans considération d’origine, d’âge, de sexe, d’opinion ou de handicap. Le respect permanent des autres avec le souci de les honorer sans jamais leur causer de troubles ou de peines inutiles conduit naturellement à une concorde sociale mutuelle. Nous retrouvons ici le Bushi No Nasake, la sympathie ou la clémence du guerrier nippon, qui pouvait certes trancher de son sabre tout problème lui étant soumis, mais qui possédait également la possibilité de pacifier les esprits sans ôter la vie.
·     Gi (honneur, justice) : le sens de l’honneur passe par le respect de soi-même, d’autrui, et des règles morales que l’on considère comme justes. C’est être fidèle à ses engagements, à sa parole, et à l’idéal que l’on s’est choisi.
·     Rei (courtoisie, étiquette) : la politesse n’est que l’expression de l’intérêt sincère et authentique porté à autrui, quelle que soit sa position sociale, au travers de gestes et d’attitudes pleins de respect et de sollicitude. Le Cérémonial et l’Étiquette font partie de l’extériorisation de la politesse.
·     Chi (sagesse, intelligence) : Les Anciens disaient avec justesse qu’un sage pouvait toujours apprendre, même d’un fou, alors que le fou ne pourrait jamais apprendre, même d’un sage. La sagesse est ici synonyme d’aptitude à discerner en tous lieux et en toutes choses, le positif et le négatif, à n’accorder aux choses et aux événements que l’importance qu’ils ont, sans se laisser aveugler ni se départir de la sérénité si durement acquise sur le tatami.
·     Shin (sincérité) : la sincérité est impérative dans l’engagement martial : sans elle, la pratique n’est que simulation et mensonge, tant pour soi-même que pour autrui ; l’engagement se doit d’être total, permanent, sans équivoque. La sincérité se constate facilement et l’illusion ne peut perdurer longtemps devant les exigences et le réalisme de la Voie.
·     Chu (loyauté) : Il peut paraître désuet de parler de Loyauté et de Fidélité dans notre société contemporaine alors même que ces valeurs sont le ciment indéfectible de nos disciplines martiales. L’Aïkidoka s’engage, comme le Samouraï envers son Daimyo, à une fidélité totale et à un respect loyal des règles internes à son École et ce sur sa vie même. Ces valeurs sont le reflet de la rectitude du corps et de l’esprit du pratiquant.
·     Koh (Piété) : la piété s’entend ici dans le sens de respect profond et authentique des bases de nos pratiques martiales, bases techniques, spirituelles, historiques, philosophiques...
 
Nous retrouvons ces qualités chez le samurai d’antan. Le hakama nous incite à refléter la vraie nature du bushido. Le port du hakama symbolise les traditions qui se sont perpétuées de génération en génération. L’Aïkibudo étant issu de l’esprit du Bushido, nous devons nous efforcer dans notre pratique de polir les sept vertus traditionnelles.
  
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Vendredi 9 février 2007

Tiens, lors de ce we avec Michel Becart, nous avons devisé de la pratique de Feu Arikawa Senseï et de la notion de distance, celà m'a rappelé un excellent article de Malcolm Tiki Shewan sur la gestion du Ma-ai se basant sur de faits de guerre réels et que je livre à vos yeux : 

En étudiant sous la direction de Maître Arikawa il m'a raconté un jour : "Si on pouvait maîtriser parfaitement les éléments de "Reishiki" (etiquette) et de "Ma-ai" rien d'autre ne serait nécessaire pour être le guerrier parfait". Cette phrase témoigne de l'importance quel'on doit mettre sur le développement d'un jugement correct du facteur temps/espace" dans notre travail. Le caractère "Ma" se traduit par "intervalle" et non pas par "distance" comme on voit si souvent. Il ne faut pas oublier qu'une séparation distancielle implique inévitablement une séparation temporelle. Par exemple, en province si vous demandez votre chemin, la plupart du temps on vous répond en kilomètres alors que dans une grande ville comme Paris on vous répond en minutes.
Le concept de Ma-ai devrait comporté quatre divisions/phases pour sa compréhension correcte mais ce n'est le plus souvent que les deux plus proches qui préoccupent les pratiquants. J'aime illustrer les différences par une image de Verdun lors de la première guerre mondiale. 
- "TO-Ma" est la "grande distance". Cette séparation implique que les adversaires ne
sont pas en mesure d'engager directement les hostilités. Le quartier général du haut commandement était situe à Vincennes bien en dehors de toute possibilité de contact avec 1'ennemi. Le pratiquant du BUDO japonais aura tendance a définir cet intervalle comme celle de la sécurité maximale. L'adversaire est dans l'impossibilité de lancer une attaque pour réduire ce "ma-ai" sans que son adversaire puisse la percevoir et mettre en place tous les éléments dont il a besoin pour faire face à la situation.
Tout peut être négocié à ce stade-ci par la diplomatie.
- "CHU-Ma" est la distance moyenne. Dans ce cas-ci les généraux directement liés à la direction de la bataille sur le front de Verdun plaçaient leur centres de commandement à Bar-le-Duc/Souilly. Ils étaient juste à 1'exterieur des inconvénients posés par les obus etc., mais suffisamment à proximité pour avoir les communications directes avec le front. Ici il y a encore le temps/espace pour agir en face d'une attaque lancée mais 1'engagement des adversaires ne fait plus de doute. Cependant, le dégagement éventuel est encore possible avec un effort considérable de la diplomatie.
- "CHIKA-Ma" est l'intervalle court. C'est l'espace entre Verdun ville et les tranchées barbelées du front face à 1'ennemi. L'engagement est tel que l'on ne peut pas se retirer du combat, l'engagement est ferme et la possibilité d'agir est très serrée. En revanche, celui qui décide d'attaquer sera dans l'obligation de se pencher en avant pour saisir ou frapper, en arrière pour un coup de pied. L'attaquant peut tout juste ne pas atteindre son adversaire sans s'engager dans une action majeure. En face il y a le temps et distance nécessaire pour se positionner d'une manière avantageuse pour la défaite de 1'attaquant. Les fers sont réellement croisés mais il faut encore briser 1'équilibre pour atteindre 1'adversaire
 
- "CHI-Ma" l'adversaire sort de ses tranchées pour traverser no-man's-land et porter 1'attaque fermement contre son adversaire. Le clash du conflit et sa résolution doivent être décisifs. 

Savoir reconnaître et gérer les évènements à chacun de ces stades est un des moyens les plus puissants que nous possédons pour réaliser l'harmonie de 1'Aiki dans notre pratique. Et cela aussi bien sur le plan physico/technique que sur le plan mental/ spirituel.

par Sakura Dojo publié dans : sakuradojo
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