Présentation

Mercredi 12 mars 2008

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Mon problème à la cheville (post précédent) ne s’arrange pas vraiment…A un excès d’acide dans les tissus, on a également détecté une déchirure partielle de ligament. Je suis donc contraint de limiter mes mouvements, je continue néanmoins à assurer les cours. Vu cette déficience, j’ai dû trouver une autre manière de donner cours et je laisse donc les élèves enseigner….Vous me direz bizarre comme façon !!! C’est vrai mais cela est assez enrichissant. Je prends un élève sur le devant du tatami pour démontrer l’échauffement sous mes conseils ensuite je prends un couple d’élèves qui démontre une technique également sous mes conseils. Les « choisis » sont souvent contents car ils peuvent démontrer leur savoir, d’autres le sont moins car ils sont timides ou ne connaissent pas vraiment le mouvement demandé. Les élèves en seiza peuvent alors y aller de leurs commentaires qui s’avèrent souvent judicieux, c’est une autre et bonne manière d’apprendre que de détecter les erreurs mais aussi les bonnes applications, les enfants prennent beaucoup de plaisir à cela.
Cela me permet aussi de jauger les progrès accomplis par nos chères têtes blondes (et brunes aussi…), je suis assez fier du résultat car ce qui est montré est plus que souvent correct et si cela ne l’est pas, il y a au moins l’effort d’essayer…

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Vendredi 7 mars 2008
Ces derniers jours, j’ai été blessé, enfin pas vraiment car je ne sais toujours pas ce qui m’est arrivé. Après avoir donné cours dans lequel je n’ai ressenti aucun traumatisme ni gêne, je suis rentré et ai été me couché normalement. J’ai senti quelque chose dans la jambe au cours de la nuit et me suis réveillé avec la cheville qui avait triplé de volume et une douleur assez importante. Impossible de marcher évidemment et encore moins d’assurer le cours du mercredi…Après examen, on a déterminé que le mal n’était pas osseux, ni musculaire, ni tendineux bref le médecin ne savait pas trop de quoi il s’agissait…encore probablement une réaction du corps à quelque chose et j’ai dû faire appel à ma pharmacie homéopathique. Cela m’a fait penser à toutes les fois où nous pratiquons en étant malade ou blessé, certaines personnes vont crier au fou mais je pense que cela peut apporter du bien dans la pratique. Evidemment, il vaut mieux ne pas fouler le Dojo avec des membres bloqués ou avec un membre qui risque de se fracturer complètement (c’était mon cas cette semaine…).
Le fait de pratiquer dans un « état » diminué nous permet de mieux connaître notre corps et ses limites, nous pouvons mieux jauger nos efforts et ressentir ce qui se passe à l’intérieur car nous avons vraiment connaissance du seuil à ne pas dépasser. Cela se sent surtout au niveau des chutes et des immobilisations, nous avons l’impression que l’effet s’en retrouve multiplié. 

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J’ai déjà vu quelques articles sur le net postés par des personnes qui partagent cet avis, évidemment ce n’est qu’un commentaire sur mes propres sensations et personne n’est obligé de pratiquer s’il ne se sent pas bien.
En essayant de vaincre ou de surmonter la maladie ou la douleur d’une légère blessure, nous rejoignons le principe homéopathique et socratique « Connais-toi toi-même ».
" Connais-toi toi-même " : cette inscription placée sur le fronton du temple de la pythie de Delphes est très célèbre. Cependant cette devise delphique, qu'on attribua à Socrate, n'était pas un encouragement à une connaissance psychologique de soi, mais un rappel à l'ordre. Elle avait pour but de remémorer aux individus qu'ils n'étaient que des mortels : elle invitait les voyageurs à la prise de conscience de leurs propres limites. On oublie d'ailleurs que cette exhortation, " Connais-toi toi-même ", était suivie de " …et tu connaîtras les dieux. "
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Un individu disposant d'une connaissance parfaite de soi serait donc l'égal d'un dieu…. Pour les philosophes grecs, la connaissance de soi-même est synonyme de sagesse. Elle permettrait en effet à l'individu de prendre conscience de ses propres limites, de se libérer de ses défauts, de développer ses qualités, et, en faisant abstraction de tout ce qui dans le " je " ne serait pas personnel, de prendre conscience de sa véritable identité et, au fond, de sa liberté.
La devise delphique laisse entendre que nous ne nous connaissons pas réellement, que la connaissance de soi n'est pas une donnée immédiate de la conscience. Elle nous invite donc à entreprendre une recherche, une descente dans les profondeurs de notre intériorité pour trouver l'essence de notre être. Or, cette recherche passe d'abord par la découverte et l'affirmation de notre moi. Cette affirmation est le fondement de la philosophie cartésienne en même temps que celui de toute entreprise de recherche de sa propre identité. Pour approfondir la connaissance que nous avons de nous-mêmes, il faut donc se demander s'il est légitime de parler du soi par soi et quels en seraient les moyens et les conditions.


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Mercredi 5 mars 2008
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Comme chaque année en cours de saison, certains pratiquants nous quittent pour de multiples raisons, parfois parce que l’étude de l’Aïkido ne leur convenait pas ou par démotivation, il y en a une myriade en fait….Une personne m’a dit avoir arrêté car elle ne trouvait pas sa place dans le Dojo mais quelle est réellement la place de quelqu’un dans ce lieu ???
Le bon fonctionnement d’un groupe, ou d’une société provient du fait que chacun connaît bien le rôle qu’il a à jouer, et la place qu’il doit tenir. Sur un voilier de compétition, il y a celui qui s’occupe de la bôme, celui qui s’occupe du foc, celui qui tient la barre, et le bateau fonctionne bien si chacun tient correctement sa place.
Sur le tatami, les places sont aussi bien définies lors du « Reï » (le salut), les plus anciens se placent sur la droite du tapis (joseki) et cela va en ordre décroissant vers la gauche. Ce placement repris aujourd’hui était très important jadis car l’enseignant savait de quel côté il pouvait placer sa confiance (vers les anciens qui avaient fait leur preuve), le côté gauche du tatami risquait quand à lui de cacher un assassin qui attaquerait à la moindre occasion. Cela s’est un peu perdu de nos jours mais lorsque le professeur se tourne vers le Kamiza, il devrait pivoter vers sa droite ainsi il peut toujours pallier à une attaque surprise (heureusement ce là n’arrive plus à notre époque, enfin j’espère…).
Connaître sa place est également connaître son « niveau », parfois certaines personnes corrigent une technique d’un moins avancé sans trop savoir ce qu’il faut faire et le mouvement s’en trouve complètement faussé. Evidemment, il y a une différence entre corriger et guider…vous pouvez guider mais ne pas tenter de corriger à tout prix sauf si vous êtes certains de l’application.
Dan la vie, la notion de place est plus délicate, car c’est une notion dynamique. Je veux dire par là que notre place n’est pas figée et qu’elle varie à chaque instant en fonction des circonstances. Et un travail important consiste à trouver sa place juste à chaque instant.
Prenons l’exemple d’un concertiste. L’après-midi il écoute les conseils de son maître, le soir il est sur scène et il joue. Le lendemain s’il va écouter le concert d’un de ses amis, il est assis dans l’ombre et écoute. Un autre jour il enseigne au conservatoire, quand il rentre chez lui, il s’occupe de ses enfants, puis passe une soirée avec sa femme. A chacun de ces moments, il a un rôle différent à jouer, une place différente à tenir, et il est dans des situations différentes pour s’exprimer. Il y a des moments pour parler, et d’autres pour se taire ou écouter. Il y en a d’autres pour se mettre en colère et d’autres pour réconforter. Et cela débouche sur une notion importante, celle de « Zanshin» (la vigilance). Être à chaque instant attentif pour savoir quelle est notre place exacte.

En aïkido, le bon placement dans la pratique est celui qui vous permet de ne pas être blessé, de ne pas blesser l’autre, et d’agir de la manière la plus efficace possible. S’il y a une erreur de placement, c’est soit vous soit votre partenaire qui en subiront les conséquences. Et dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas une bonne chose. Il en est de même dans la vie. Savoir trouver sa place juste permet à chacun de vivre harmonieusement l’instant, sans blesser et sans être blessé, ce qui nous permet d’exprimer de la manière la meilleure toutes nos potentialités et d’aller vers une courtoisie qui se perd de plus en plus….


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Lundi 3 mars 2008

Depuis deux semaines, j'ai un élève sur le tatami pas vraiment débutant car nous avons pratiqué ensemble par le passé. Je l'ai rencontré il y a une quinzaine d'années et à cette époque, il avait déjà quelques années de judo de haut niveau derrière lui. Nous ne pratiquions pas dans le même Dojo car il suivait un élève de mon professeur de l'époque. Nous faisions allègrement 6 à 8 cours par semaine, tous les cours en fait plus les stages. Ce n'était pas des leçons de tout repos mais plutôt du style gladiateur ou déménageur et nullement dans le relachement propre à l'Aïki. Par la suite, nous nous sommes un peu perdus de vue, il a connu quelques ennuis dans sa vie et est revenu de temps à autre pour pratiquer mais pas de façon récurrente. 
bcart2-copie-2.jpgCette semaine et après avoir décidé de revenir régulièrement, il m'a avoué avoir ressenti un grand changement dans mon modeste enseignement, c'est à dire beaucoup plus de relachement par rapport à il y 10 ou 15 ans ou nous luttions tels des catcheurs américains....Celà m'a laissé songeur et j'ai repensé à ces années ou nous n'étions pas corrigés dans la bonne direction, il nous manquait...un Maître dans le vrai sens du terme. Bien sûr, nous avons appris de la technique mais pas tellement ce qu'il y avait derrière, ce n'est que depuis quelques années que je commence à percevoir un travail sans à coup, circulaire et respectueux du partenaire. Apprentissage ou réapprentissage orchestrés par le biais d'un changement de fédération salutaire à ma petite personne et l'investissement quasi total dans la réception de l'enseignement de Tamura Shihan et de ses élèves les plus proches.
On ne peux pas revenir en arrière mais n'allez que de l'avant....Evidemment, il y encore du travail car je n'aurai jamais le physique de notre ami Léo par exemple. Le fait de suivre la lignée "Tamura" y est évidemment pour beaucoup car même si les nos maîtres de stage proposent des mouvements dont la nuance est sensiblement différente, il y toujours "un fil rouge": le travail en souplesse.
La préparation, vous l'aurez remarqué, a aussi changé, nous travaillons beaucoup plus maintenant sur des étirements basés sur le Jumbi Dosa cher à Senseï, je pense que celà ne peut que faire du bien à nos organismes et nous donner encore plus de relachement. Peut-être que le but est de pouvoir pratiquer jusqu'à un âge très avancé, c'est mon souhait en tout cas et si c'est avec de belles personnes (intérieurement je veux dire), ce sera le nirvana...

 

 


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Jeudi 28 février 2008
Du 22 au 23 Février, notre plat pays a eu l’honneur, à l’initiative de l’Ubea,  de recevoir la visite de Jean-Luc Fontaine, 7ème Dan d’Aïkido et également haut gradé en Judo, Kendo et Iaido, un budoka complet….Non content d’être très présent sur les tatamis, Jean-Luc occupe également de hautes fonctions au sein de la FFAB telles que président des jurys d’examen, formateur des cadres, formateurs des enseignants enfants, etc.
Petit récit de ces quelques jours durant lequel son accent d’Avignon nous a déjà un peu mis en vacances….
C’est la cinquième année que nous suivons l’enseignement de ce très proche de Tamura Senseï. Jean-Luc a débuté l’Aïkido au début des années 60 et a étudié avec principalement Noro Senseï et ensuite Tamura Senseï à la venue de celui-ci en Europe. Très vite, il enchaîne sur l’étude du Iaido et part au Japon afin de parfaire son art, c’était un voyage à l’époque pas comme maintenant où l’on peut y aller en deux coups de cuiller à pot. Un enseignant d’expérience qui a même côtoyé les légendaires Tadashi Abe et son frère Kenjiro d’authentiques guerriers…il nous a d’ailleurs raconté avoir vu une démonstration au Katana tranchant comme un rasoir durant lequel le sabre lancé à toute vitesse était stoppé net par…la coupe de cheveux en brosse de Kenjiro Abe….
J’apprécie énormément ce professeur très paternel qui, à quasi chaque début de cours, nous rassemble autour de lui pour une courte présentation du cours, ce avant le salut, avec l’impression que cela unit l’énergie des pratiquants.

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Le vendredi soir à Wavre, cours très axé sur Yokomen Uchi avec une forme où l’on « repousse » le bras d’uke en le laissant revenir comme un ressort et en appliquant la technique ensuite, intéressant travail. Le samedi matin à Chaumont-Gistoux (et pour le reste du week-end), voici venu le cours tant attendu par nos juniors (ils m’en parlent tout au long de l’année) : le stage national enfants.

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Stage qui commence à être connu car même la Radio était présente pour couvrir l’évènement et interviewer les profs, en particulier notre ami Albert Polspoel qui, à 83 ans, est toujours là bon pied bon oeil ainsi que quelques enfants, ce n’est pas encore Bercy mais c’était sympa comme initiative. Une cinquantaine de jeunes pratiquants avaient fait le déplacement et on se rendit vite compte que le tatami allait être très juste pour une telle masse, il faudra déménager la prochaine fois. Comme toujours, les jeux ont une grande place dans ces stages et cela ravit nos jeunes qui travaillent le sourire constamment sur le visage. Les techniques sont basées sur « que fait-on dans la cour de récréation en cas d’attaque » et se déroulent en suwariwaza.

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Déjà une heure quinze passée à toute allure et après la remise d’un cadeau typiquement belge (un livre « trappiste »), nous filons manger en vitesse car le cours suivant se déroule dans moins d’une heure !
Le stage pour tous débute sur kokyu ho en suwariwaza et suit avec un dégagement sur kata dori en utilisant Te Gatana (la main épée), ceci a pour but de nous préparer au travail sur….Shomen Uchi que nous exécutons tout d’abord sur les genoux puis ensuite en tachiwaza. Nos jambes, mises à rudes épreuves, ne sont pas encore au bout de leur peine car arrive le cours « dan », cours à la carte durant lequel nous pouvons poser nos questions relatives à ce qui pose problème ou/et en vue de l’examen Aïkikai qui se déroulera juste après. Certains demandent de démontrer les différents niveaux de travail sur Ushiro et nous voilà partis dans ce sens. Ce qui me préoccupe et que l’on ne travaille pas très souvent, Ushiro katatedori kubishime, je pose donc ma question et me voici pris comme cobaye.
Etre étranglé par Jean-Luc Fontaine, c’est quelque chose, malgré ma corpulence, je me suis écroulé en ayant la sensation que ma colonne se désagrégeait….Bon, ceci me met en jambe pour l’examen Aïkikai qui arrive justement…quatre candidats se présentent, les ukes sont désignés et me voilà flanqués de trois costauds que je vais devoir déplacer pendant une demi-heure. Malgré la fatigue du stage, nous tenons le rythme et.....votre serviteur a réussi.

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Le dimanche matin, le cours armes avait lieu dans le magnifique site boisé du Ronvau, j’attends sur le parking et je rencontre Daniel De Decker, très ancien pratiquant membre de l’AFA mais qui ne soucie guère des querelles de fédération et que Tamura Sensei appelle le « journaliste » car il aime prendre des notes relatives à tous les stages qu’il suit (quelques fardes depuis 1970…).
Nous parlons donc sur le parking lorsque j’arrive Jean-Luc auquel Daniel pose quelques questions sur la façon de faire iriminage par Senseï. Je suis pris comme uke et nous voilà à faire des techniques à l’extérieur sous l’œil inquisiteur des promeneurs. Après cet intermède, nous voilà dans le Dojo pour un cours qui sera uniquement basé sur le Jo avec en départ 4 kihon de base : un de 4 mouvements, un de 5, un de 6 et un de 7 pour ensuite les exécuter à la suite. Très bon éducatif pour les débutants présents dont notre ami François qui a d’ailleurs fait les 3 jours de stage. Nous étudions ensuite un kata que personnellement je n’avais jamais vu, un enchainement de 23 mouvements apparemment démontré par Chiba Senseï ; nous l’exécutons d’abord par phases puis ensuite dans l’entièreté puis avec un partenaire. Dernière photo souvenir et vient déjà l’heure de se quitter après un petit apéritif « ensoleillé » durant lequel on se raconte les souvenirs d’antan, à l’an prochain Senseï…..
Quelques photos du stage :
ici
Le site de Jean-Luc Fontaine : ici

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Lundi 18 février 2008

La lecture d’un article paru sur Aïkidoka (ici) m’a bien fait réfléchir (ca arrive) car il reprend une très bonne analyse de notre société actuelle vue par un enseignant d’Aïkido. Ce pamphlet intitulé « Education et déclin » partait du fait durant lequel un enseignant avait botté les fesses d’un élève perturbateur et s’était fait sermonné par la mère de l’enfant. Je me suis souvenu que cela m’était arrivé il y a quelques années lorsque excédé par un comportement admissible, j’avais moi-même « soufflé » un jeune élève, ce qui m’avait valu l’ire des parents et aussi l’abandon de l’élève.
Je n’avais finalement pas bien agi, c’était une bonne leçon et depuis, je me contente de bien crier ou de pratiquer l’exercice de la valise ou de la vision du ciel…Même si je ne cherche pas à excuser une telle attitude, les gens oublient parfois que l’Aïkido reste un art martial hérité des techniques guerrières du Japon médiéval et le manquement à l’étiquette durant cette époque signifiait autre chose qu’une petite « molestade ». Si le professeur a des devoirs envers l’élève, l’élève a aussi des devoirs envers son enseignant et tout ne doit pas être accepté sans broncher. Notre art n’est pas du Football mais une école de la vie dans laquelle les règles se doivent d’être respectées. Dans nombre de Dojos, on laisse faire tout et n’importe quoi au nom de la rentabilité, avec la peur de perdre du monde ou du quand dira-t-on. On rejoint là l’attitude d’un partie de notre société qui ne soucie pas des victimes mais bien des « pauvres » agresseurs. Pour ma part, l’étiquette reste la chose primordiale dans l’étude et tout le monde doit s’y plier, mon intransigeance en a déjà fait fuir plus d’un je sais mais cela est ma conception de l’enseignement. Je préfère perdre une personne et essayer de garder un enseignement de qualité avec des personnes intéressées.
Toutes ces règles font partie intégrante de l’enseignement et se nomme en japonais reishiki.

On peut et on se doit de travailler le reishiki si on a vraiment la volonté de progresser dans l’art et cela commence souvent par des petits détails comme par exemple arriver à l’heure au cours, cela relève non seulement de l’étiquette mais également de la politesse la plus élémentaire. Au Japon dans les écoles traditionnelles, si vous arrivez en retard, vous ne montez pas sur le tatami, c’est aussi simple que cela. Bien sûr, il arrive que l’on ait été retenu par des bouchons, etc. mais, souvent les retards deviennent systématiques et récurrents. Peut-être est-ce le résultat de notre époque où nous n’avons plus le temps pour rien et certainement pas pour être à l’heure….
Le travail de l’étiquette se fait tout le temps et comme le dit Michel Becart, il faut s’entraîner sans cesse non seulement à l’aspect technique mais aussi et surtout à notre attitude (le shisei).

Magnifique Shisei....

Dernièrement, un enseignant m’a fait une remarque sur le port de mon hakama, sur le coup j’étais un peu vexé car j’avais appris de cette façon mais par la suite j’ai compris que je devais remédier à ce qui n’allait pas et je suis content d’avoir été repris sur ce détail. Voilà encore un progrès….

par Steph publié dans : sakuradojo
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Mardi 12 février 2008

Plusieurs fois par an, nous recevons la visite de Michel Becart, un des « délégués techniques » de notre Fédération et c’est toujours un grand plaisir de le revoir. Bien sûr, sa pratique, développée aux contacts des plus grands maîtres de notre discipline, est parfois un peu difficile à saisir si on ne suit pas souvent son enseignement car celui-ci présente pas mal de spécificités. Une des grandes richesses, à mon humble avis, est le travail incessant sur le corps que ce soit lors des préparations et lors de la pratique proprement dite que l’on soit uke ou tori.

Direction...

Le premier cours de ces quelques jours de stage était réservé aux Yudansha (Dan et candidats), je trouve que ce cours se bonifie de plus en plus et à chaque fois devient plus enrichissant. D’ailleurs, il attire beaucoup de monde. Après une préparation grandement basée sur la respiration, Michel nous a parlé pendant une demi-heure du « Shisei » (attitude, comportement), ce concept parfois s’oublie au fil du temps et l’on se retrouve alors dans une sorte de danse….Il est vrai qu’il faut continuer à travailler cet élément que l’on perçoit parfois absent non seulement lors des cours mais également lors des examens qui deviennent alors très laxistes. Comme exemple, en hanmihandachiwaza katate dori, il ne faut pas rester les bras ballants dans l’attente de l’attaque mais bien diriger le bout des doigts vers le partenaire (action de « Seme », la menace), le regard dirigé vers l’uke dans l’idée que l’esprit va ou le corps ira ensuite (cfr Yagyu . Le Shisei d’uke est également important, il ne faut pas venir saisir le poignet de façon nonchalante « en caresse » mais bien garder à l’idée de saisir et de tenter de bloquer tori, évidemment en tenant compte de son niveau de pratique. Le Shisei englobe aussi la présence et par là même le kokyu (litt. inspirer, expirer, la respiration). Lors d’un entretien récent, Noro Senseï disait à Michel que le plus important dans l’Aïkido était « une technique parfaite » ce qui s'étend aux éléments y relatifs c'est-à-dire Shisei et Kokyu.

Explication ensuite sur le point Rokkyo, le centre de la main, un élément extrêmement important dans la pratique martiale car grandement utilisé que ce soit en mains nues ou avec les armes, j’en parlerai plus en détail lors des prochains cours. Cela m’a fait sourire intérieurement car j’avais justement lu un article intéressant à ce sujet dans le dernier « Dragon » mais là c’était basé sur le côté chinois de la chose et dénommé le point Lao Gong (le palais du travail), point d’acupuncture du maître du cœur. Tout a la même base…. 
L’accent fut également mis sur la posture Seiza (assis à genoux), il faut perpétuellement travailler son assise et son centrage (le seika tanden) car tout le travail de l’énergie partira de là. J’ai d’ailleurs posé une question sur la position des mains en seiza car j’ai déjà vu pas mal de manières. Il semblerait que la façon traditionnelle est de poser les mains sur les cuisses, les pouces sous les index, cela vient du Shinto (religion japonaise) dans l’action de protéger les pères créateurs représentes par les pouces justement. Nous avons fait koyu ho pendant près d’une heure, cela peut paraître ennuyant mais ce ne l’était pas tant les explications furent riches et variées. Un exercice intéressant pour uke est de chuter sur le dos les jambes tendues vers le haut et de revenir en seiza dans cette position, dur dur….  

En image...

Nous terminons en hanmihandachiwaza katate dori irimi nage (forme haute et forme basse) et shiho nage, l’occasion de mettre en pratique les discours de Michel et surtout notre centrage.
Nous continuerons d’ailleurs sur cette lancée le lendemain à Bruxelles (qqes photos : ici) mais là en Tachi waza (debout, ouf…) par ainhanmikatate dori ikkyo et Shiho nage, démontré de différentes manières. Là, j’ai eu l’occasion de travailler avec Jean Burnay, il faut vraiment une technique parfaite pour le bouger sinon on se retrouve vite bloqué par son imposant physique.

Comment y arriver????

Comme déjà dit dans un post précédent, Michel a débuté l’Aïkido en 1964 et a travaillé très vite avec Noro Senseï avec qui il est resté très lié, ce qui nous vaut à chaque fois des anecdotes croustillantes.
Noro Senseï est un des Uchi Deshi (élève à demeure) de la grande époque (celle des Tada Senseï, Tamura Senseï, Sugano Senseï etc.) et fut un des Maîtres essentiels de notre art. Helas, un grave accident de voiture l’empêcha de continuer une pratique intensive et il créa donc une nouvelle discipline basée sur l’Aïkido mais également sur d’autres méthodes comme le Seitai et le Feldenkrais, celle-ci fut appelée Kinomichi (site web:  ici). J’ai été un jour en spectateur à un stage, animé par Noro Senseï,  de cette discipline dans laquelle on retrouve pas mal de concepts Aiki, j’ai été assez impressionné par la vision de ce grand Maître toujours aussi à l’aise dans ses évolutions et aussi interloqué par le fait que tout le monde…sourit ou essaie, j’ai appris par la suite que cela était un des credo du Kinomichi et pourquoi pas ??  ceci  nous changerait de certains buveurs de vinaigre et citrons. Le vendredi à Bruxelles, j’ai présenté à Michel deux de nos « nombreux » pratiquants français Olivier et Bégnigne.

Begnigne (uke)
Olivier (tori)

Benigne a vécu quelques années au Japon et a étudié avec Tada Senseï, Michel nous a lors raconté que Tada Senseï venait souvent au Dojo de Maître Noro et que celui-ci était assez impressionnant. Par exemple, un jour il fut attaqué en double katate ryote dori par Asai Senseï et Chiba Senseï (ceux qui les connaissent savent qu’ils ne sont pas des plus tendres…), Tada Senseï de par son ki les fit monter presque au plafond et ensuite les projeta à plusieurs mètres de là.

Quelques vidéos de Tada Senseï : ici et ici

Je ne me lasserais jamais d’entendre à chaque fois ces détails sur l’histoire de notre art que ce soit par des très anciens ou même des plus jeunes comme notre ami Léo. Cela fait un peu « ancien combattant » mais lorsque toutes ces éminences ne seront plus là, cela laissera un grand vide.  

par Steph publié dans : sakuradojo
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Lundi 28 janvier 2008

Cela fait plusieurs années que l’Union Belge d’Aïkido, grâce à ses liens privilégiés avec la FFAB , permet à ses professeurs de participer aux formations enseignants dispensées par quelques CEN et Tamura Shihan. De la douzaine des débuts, nous sommes passés à quatre et cette fois nous n’étions plus que deux à tenter l’aventure, les deux autres mousquetaires étant retenus par d’autres obligations. Le stage avait lieu à Gravelines, à proximité de Dunkerque, pas très loin pour nous belges. Nous connaissions l’endroit pour avoir déjà participé à une formation dans le magnifique centre Sportica il y a trois ans. Nos formateurs seront Tamura Shihan, Nebi Vural, Jean-Yves Le Vourch et en invité de l’Aïkikai Kuribayashi Sensei, excusez du peu…

Stéphane, Nebi, Jean-Yves et Wlodek

Dès notre arrivée au Centre Polder qui nous hébergera durant trois jours, nous voyons des têtes connues, notre ami Alain  le « sénateur de Nantes », président de la ligue de Vendée, très ancien pratiquant avec qui nous partagerons le repas du soir et déjà nous parlons…d’Aïkido. Le mercredi au petit déjeuner, nous apercevons nos deux amis slovaques présents à quasi tous les stages de Nebi en France. Nous entendons parler plusieurs langues étrangères, c’est ainsi que nous apprenons que nous ne serons pas les seuls étrangers, il faudra compter sur des pratiquants slovaques, autrichiens, turcs, polonais, portugais et même israéliens. Nous nous déplaçons à travers les rues déjà habillés, ce qui nous vaut quelques questions au vu des hakamas, Nebi avec son humour habituel nous décrit comme…curés. Arrivés dans le Dojo, nous nous rendons compte qu’il faudra se préparer soi-même car pas d’échauffement hormis un léger Kokyu Ho et nous voilà lancés avec Nebi qui nous fait travailler le Jo (surtout Jonage) puis des applications mains nues sur les mouvements étudiés.

Les participants

 Le travail est très dynamique et le niveau très élevé, vient le tour de Jean-Yves qui nous fait travailler pas mal de mouvement à partir du…Jo, thème de la journée on dirait. Après un bon repas à deviser de notre art sous toutes ses formes et une petite sieste réparatrice, nous retravaillons sur Shomen Uchi, suite d’un éducatif au bokken très intéressant montré par Jean-Yves. La réunion quotidienne a ensuite lieu sur le tatami, moment durant lequel nous pouvons poser nos questions même les plus saugrenues. Déjà une journée de passée, on ne va pas se coucher trop tard car 5 heures de pratique, cela laisse des traces surtout quand on sait avoir droit au même traitement le lendemain. Justement le jeudi, je retrouve un ami Paul Marotta de la ligue de Lorraine avec qui j’ai déjà travaillé à Bruxelles lors des stages de Senseï, j’ai travaillé pas mal avec lui, avides de ses bons conseils et de sa pratique de haut niveau. Le matin, nous travaillons à nouveau le Jo et puis particulièrement le Kumijo avec après des applications à partir de l’attaque Chudan Tsuki. L’après-midi est consacrée en grande partie à l’étude du Tanto et là nous avons la grande chance d’avoir un expert en la personne de Nebi qui démontre les mouvements avec…tanto réel, déjà vu mais toujours impressionnant. Les techniques tendent vraiment vers le réalisme mais tout se fait en harmonie et dans une ambiance de travail vraiment unique par l’esprit d’amitié et de respect entre les pratiquants. Le cours de Jean-Yves lui est basé sur Ushiro Eri Dori suite aux questions de plusieurs pratiquants. Le vendredi matin, Nebi commence le cours dans l’attente de l’arrivée de Tamura Shihan, celui-ci est axé sur le travail en Ushiro avec plusieurs formes de travail en Ikkyo suivant les niveaux, vraiment enrichissant.

Tamura Shihan

Notre keikogi est déjà bien mouillé lorsque Sensei arrive et commence…par la préparation « Ban Duan Jin », je n’ai jamais autant apprécié ces exercices….cela fait du bien à nos corps soumis à rude épreuve. Vient ensuite le cours et Sensei nous demande ce que nous avons travaillé, nous lui parlons du Jo et là évidemment nous avons une démonstration époustouflante de cette arme entre ses mains. On dirait qu’il tient de l’air…mais nous sommes projetés tels des fétus de paille. Par contre pour le bouger…impossible, comment un « vieillard » de 74 ans peut résister à des charges éléphantesques de notre part, vraiment sidérant. A nouveau, notre égo est mis à mal…. 

Une question de notre ami Gadi, la différence entre Kotai, Jutai et Kitai, Sensei lui répond que nous, occidentaux, nous nous posons trop de questions alors que la mentalité japonaise est toute autre, nous séparons tout alors que pour lui, il y du souple dans le dur et inversement. A nouveau démonstration avec un ami slovaque taillé en armoire et projeté comme un oiseau. 
Il nous explique également de toujours regarder le partenaire, que certaines écoles prônent de faire le contraire mais que cela relevait uniquement de la pratique d’O Sensei, seul capable à ses yeux de déceler un mouvement sans le voir. Quelle humilité dans le chef de ce génie des arts martiaux !!!! Je ne me lasse pas de le voir évoluer encore à son âge avancé.
Kuribayashi Sensei, présent en élève lambda le matin, nous donnera cours l’après-midi dans une pratique tout ce qu’il y a de plus classique « Aikikai » c'est-à-dire assez physique. Difficile évidemment de passer après une telle éminence de l’art….
Beaucoup de projections en « groups », on s’amuse quand même bien car nous nous sommes mis par affinités. Les sensations sont moindres car c’est un travail totalement différent, on ne ressent pas la même énergie. A revoir peut-être dans un autre contexte.

Streching du matin...

Déjà l’heure de se quitter après une dernière synthèse ou tout le monde y va de ses remerciements et de ses commentaires. Notre ami israélien Gadi se fendant d’un beau discours dans lequel il déclare s’être senti comme à la maison suite à l’accueil de tout le monde. C’est la gorge serrée que nous prenons congé de nos compagnons de quelques jours et que nous reverrons certainement sur la longue route de l’Aïkido.
Un grand bravo et merci aux organisateurs de la ligue Nord Pas de Calais.
Quelques photos de l’événement : ici 

 

 

par Steph publié dans : sakuradojo
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Lundi 21 janvier 2008

Ces 19 et 20 janvier, nous avons reçu la visite de Leo Tamaki, nous avons profité de son passage en Europe à l’occasion du stage de Tamura Shihan pour l’inviter. Malgré le grand renfort de publicité quasi mondiale, il faut croire qu’il faut absolument des « noms connus » pour attirer les foules et…les absents ont bien eu tort! Leo est vraiment un virtuose des tatamis, alliant souplesse, générosité et un placement du corps hors du commun. Sans compter une technique très pure démontrée avec un Uke de valeur : son frère Issei. Un grand plaisir également de le côtoyer en dehors du Dojo car il est vraiment très sympathique, très humble et c’est un vrai plaisir de l’entendre parler simplement des Maîtres qu’il a approché dans ses recherches martiales.

Le dimanche...

Le cours du samedi a débuté par quelques échauffements « en souplesse «  qu’il nous faudra encore travailler. Ensuite, un travail intéressant sur le relâchement en Ushiro Ukemi en partant en position couchée, arriver à rouler sans contraction et sans élan, pas facile…..Les techniques développées par la suite partiront de l’attaque katate dori avec énormément de projections, Leo nous corrige avec humour et gentillesse en se mettant au niveau de chacun, même les enfants présents sont enchantés de travailler avec un Senseï accessible les considérant comme des pratiquants à part entière et ca, c’est important pour eux. Nous avons aussi la grande chance de pratiquer avec Issei, autre personne de qualité,  qui nous prodigue des conseils de bon aloi.


Leo et Issei

Le travail est très intense, les mouvements assez courts et en ligne droite, aller le plus rapidement vers le partenaire, on sent qu’il y beaucoup de recherches dans tout cela.
Nous sommes contents, ensuite, de pouvoir travailler un peu de ken pour relâcher nos muscles belges soumis à rudes épreuves par les multiples chutes. Trois heures de stage (avec une  petite pause), c’est à la fois long mais cela passe si vite quand on prend plaisir à recevoir une telle matière..
Le dimanche matin, un échauffement quasi similaire avec à nouveau le travail de cette chute arrière que nous commençons à mieux percevoir. Cette fois, travail sur Shomen Uchi avec de très intéressants éducatifs à partir d’une position statique. J’ai été très intéressé par la façon d’effectuer Uci Kaiten Nage, d’une façon très courte et directe, sans faire de grands déplacements et avec un atemi très court, ce qui m’a changé du jusqu’à présent. Les explications de Leo sur le pourquoi de faire comme cela m’ont entièrement convaincu (et d’autres aussi). Nous terminons à nouveau par quelques mouvements de ken. Tout le monde a été enthousiasmé par ces deux jours de stage, à commencer par nos amis de l’Ecole Iwama venus de Liège et qui ont grandement apprécié malgré la différence notoire d’avec ce qu’ils font d’habitude. Même pour l’anecdote, j’ai une élève qui ne supporte pas trop les stages par légère agoraphobie mais là, elle était vraiment enchantée, je l’ai rarement vue  aussi radieuse et  notre amie Dulce (élève de Kitura Sensei qui manie aussi bien le doigt que son art…) décrivant cela comme « passada » que l’on peut traduire par un moment génial….
Déjà venu l’heure de se quitter après un dernier bon repas et un train presque manqué, ah ces belges….
A très bientôt pour un nouveau stage, c’était le premier mais certainement pas le dernier.

par Steph publié dans : sakuradojo
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Mercredi 9 janvier 2008

Dans un mouvement d’écologie, je prends quotidiennement les transports en commun pour me rendre à un travail « alimentaire » ; cela a un avantage celui de pouvoir lire un maximum et de tout (livres, revues, etc.). Un ami pratiquant m’a prêté un livre très intéressant que je viens de terminer : « L’âme du samouraï » par Thomas Cleary qui relate et analyse les écrits de deux personnages d’importance dans le monde des arts martiaux : Yagyu Munenori et Takuan Soho. Le premier était un samouraï contemporain du fameux Musashi, devenu maître d’armes du Shogun et stratège reconnu de l’art du sabre.

La tombe de Yagyu Munenori

A son grand regret semble-t-il, Musashi ne l’a jamais rencontré ni affronté. Il a écrit plusieurs ouvrages très intéressants « Le sabre de vie, les enseignements secrets de maison du Shogun », assez ardu à lire car toute cette stratégie était basée sur l’époque (début 1600) et difficile à transposer à notre époque et également « Arts Martiaux : Le livre des traditions familiales ». Les Yagyu étaient un clan vivant dans une vallée bordée de villages que l’on toujours visiter à notre époque.

La vallée Yagyu et ses théiers

Takuan Soho était un moine bouddhiste, expert également dans le combat et auteur de deux essais connus « L’insondable subtilité de la sagesse immuable » et « Réflexion sur le sabre incomparable ». Il semblerait d’ailleurs que Takuan aie influencé Musashi dans ses quêtes spirituelles (d’après « La Pierre et le Sabre » mais ceci n’est qu’un roman), il est par ailleurs certain que ce religieux a composé ces essais à l’intention de son puissant élève, Yagyu Munenori.

Le sanctuaire Yagyu

De ces ouvrages assez compliqués, Thomas Cleary a fait une synthèse et une traduction très enrichissante pour les intéressés à l’historique et à la pratique des Koryu. J’ai pris pas mal de notes car énormément de concepts peuvent être transposés dans notre étude de l’Aïkido. Je vous invite à lire cet ouvrage à mon sens essentiel dans la littérature martiale au même point que le « Gorin no sho », le fameux traité des cinq roues écrit par Myamoto Musashi.
J’ai disséqué également les deux derniers exemplaires de la revue « Dragon » avec, comme à chaque fois, de très bons articles dont une historique à suivre de ce fameux bretteur. 
J’ai bien aimé cette anecdote:
Musahi était le fils de Nobutsuna, expert réputé du sabre court et du Jite et était déjà très doué pour son jeune âge.
Vois ce chat assoupi sur les dalles lui dit un jour son père. Serais-tu capable de le tuer d’un seul coup sans abimer ton katana ?
Piqué au vif, je jeune garçon descendit lentement vers la bête. Il observa l’animal endormi. Soudain, sa  main droite fit mouvement vers sa tsuka. Musashi explosa dans l’action sur un kiai strident faisant jaillir la lame. Le chat, réveillé en sursaut, essaya de bondir, mais il était trop tard. Déjà, la lame était sur lui après avoir décrit une arabesque mortelle dans un bruissement de soie. Le chat s’effondra sur la dalle. Il n’avait eu aucune chance. C’est à partir de là que l’anecdote prend une autre dimension. En effet, lorsque son père s’approcha de l’animal inerte, il y chercha en vain une goutte de sang. Son fils avait rengainé et souriait. Intrigué, le père regarda de plus près ; et il découvrit avec stupéfaction que la lame avait tranché un coté de la moustache du chat, à ras du museau, et que l’animal respirait toujours, probablement évanoui de saisissement. Au regard étonné qu’il adressa à son fils, celui-ci répondit :
On ne tue pas sans motif. Je n’avais pas envie de tuer de petit chat. Même un chat errant a sa vie, qu’on ne supprime pas par plaisir. Je lui ai laissé la vie. Trancher au-delà de la moustache eut été facile mais ne m’eut rien apporté de plus.
Belle leçon….
Ma prochaine lecture offerte par quelqu’un de très cher : Le sens du bonheur du philosophe indien Krishnamurti.

par Steph publié dans : sakuradojo
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