Suite au post précédent, un petit explicatif (en partie déjà publié) sur la signification des plis du hakama. Avoir un hakama ne
signifie pas être touché par la grâce divine et par la même dénigrer les moins avancés...
Les pratiquants d’Aïkido qui portent le hakama ont tous un jour ou l’autre râlé contre cet habit, surtout au moment de le plier ou de le repasser. Le nombre de plis imbriqués rend effectivement la
tâche difficile, bien qu’avec un peu d’entraînement cela soit tout à fait possible. Mais au-delà de l’aspect pratique, il existe toute une symbolique des plis.
Sur un hakama, vous avez sept plis, soit cinq devant et deux derrière qui se rabattent l’un vers l’autre. Faites attention à ne pas venir à l’entraînement après un repassage malencontreux. C’est
parfois le cas lorsque vous l’avez mis au pressing. Si à l’origine de l’Aïkido le port du hakama n’est pas codifié par l’obtention d’un grade, et que tous les styles étaient admis (de la soie au
coton, du bleu sombre aux rayures) c’est parce que la tradition s’attache plus aux valeurs véhiculées par les plis. O Senseï ne manquait pas de rappeler à ses élèves que « Les sept plis du Hakama
symbolisaient les sept vertus du budo ». Détaillons-les et apprenons-les, car le fait de porter le hakama sert à montrer aux autres que l’on suit les préceptes qu’il véhicule.
1. Jin (se lit djine) 仁: la bienveillance, la générosité : Cette vertu demande une attitude pleine d’attention pour autrui,
sans considération d’origine, d’âge, de sexe, d’opinion ou de handicap. Il faut veiller à ne pas causer de trouble ou de peines inutiles pour soi et pour autrui.
2. Gi (se lit gui) 義: l’honneur, la justice : Le sens de l’honneur ne doit pas être mal placé et servir de prétexte à n’importe quelle action, notamment le duel. Il passe par le respect de soi et
des autres. Il implique d’être fidèle à sa parole, à ses engagements et à son idéal. Le sens de gi c’est « avoir le sens du devoir, agir de manière juste ».
3. Rei (se lit reï) 礼: l’étiquette, la courtoisie : La politesse n’est que l’expression de l’intérêt sincère porté à autrui, quelle que soit sa position sociale, au travers des gestes et des
d’attitudes pleines de respect. Le cérémonial et l’étiquette font partie de l’extériorisation de la politesse. Ils servent à offrir un cadre dans lequel le rapport aux autres, au dojo, à
l’enseignant, est agréable et harmonieux.
4. Chi (se lit tchi) 智 : la sagesse, l’intelligence au sens de discernement : La sagesse est l’aptitude à n’accorder aux choses et aux évènements que l’importance qu’ils ont réellement, sans
passion qui trouble le jugement. La sérénité qui en résulte permet de distinguer le positif et le négatif de toutes choses ou évènements, ce qui est une forme d’intelligence.
5. Shin (se lit chine) 信: la confiance, la sincérité : Elle est fondamentale dans les arts martiaux. Sans elle la pratique n’est qu’une simulation, voire une gesticulation inutile. Si on n’est pas
sincère dans son travail, son respect aux autres, ses attaques, on se ment et on ne permet pas aux autres de progresser. L’engagement doit être total, permanent, sans équivoque car nous savons tous
que l’illusion ne peut perdurer longtemps devant les exigences et le réalisme de la voie, et le regard des autres.
6. Chū (se lit tchū) 忠 : La loyauté, le respect : Voilà bien une valeur en voie de disparition dans notre société contemporaine, alors que l’argent ou les attraits du pouvoir permettent d’acheter
les consciences et donc les loyautés. Cette valeur est pourtant la clé de voûte de nos arts martiaux : loyauté envers son professeur, envers les règles internes de son école, envers ses aînés,
envers son dojo, envers ses armes et ses habits, envers le kamiza, et bien sûr envers le fondateur. C’est là le reflet de la rectitude du corps et de l’esprit du pratiquant.
7. Kō 孝: La piété au sens filial (respect de la filiation, de l’héritage reçu): Il n’est pas question de religion ici, sinon nous serions dans les affres des luttes qui vont avec. Il faut
comprendre piété dans le sens de respect profond et authentique des bases techniques, des codes, de son art martial, des aspects spirituel, historique et philosophique qui sous-tendent
l’Aïkido.
Les 7 vertus que nous venons d’énumérer et d’expliciter, en précisant l’application qu’elles peuvent trouver de nos jours
dans le cadre des dojos, sont en fait à replacer dans le contexte plus large de la philosophie orientale. Rapide survol de Confucius au….Bushidō pour comprendre comment a été établie cette liste de
7 vertus.
La pensée confucéenne a été introduite très tôt au Japon (dès le VI ème siècle) mais s’est considérablement affermie à partir du 12ème siècle avec l’avènement au pouvoir de la classe des guerriers.
Elle a surtout connu un grand essor au 17ème siècle sous le shogunat des Tokugawa (1603-1867). Les shoguns voulaient faire régner l’ordre : cette pensée leur fournissait de précieuses clés pour
gouverner. Au 17ème siècle, la pensée dominante parmi les guerriers était donc confucianiste. Rien d’étonnant à ce que le bushidō;, qui a été formalisé à cette époque, en porte une très forte
empreinte. On y retrouve sous des formes abrégées ou réaménagées la liste Gorin Gojô.
1° la liste des « huits vertus » dite Hattoku :
En japonais : hachi (8) + toku (vertu) » 八徳 : Jin, Gi, Rei, Chi, Chū, Shin, Kō, Tei.
Bienveillance, Sens du devoir, Discernement, Loyauté, Confiance, Piété filiale, Affection fraternelle.
Les sept premières énoncées sont celles citées par O Senseï. Nous reviendrons plus loin sur Tei, la dernière.
2° la liste « trois liens et 5 vertus » dite Sankō Gojō
En japonais : 三網五常
- Les 5 vertus
Toujours les mêmes...à savoir Bienveillance, Sens du devoir, Discernement, Loyauté, Confiance.
3° Les trois liens
En japonais : sankō 三網
Les trois liens considérés comme fondamentaux pour un bon ordre dans la société :
- Déférence du sujet envers le prince (le chū de la liste d’O Sensei, la loyauté)
- Déférence de l’enfant envers ses parents (le kō de la liste d’O Senseï, la piété filiale)
- Déférence de la femme envers l’homme (cette vertu ne figure pas sur la liste d’O Senseï et tant mieux…)
Ici encore on reconnaît les 7 premières vertus énoncées par O Senseï.
On constate des variantes selon les listes (il en existe d’autres…). Néanmoins, les cinq premières vertus forment un noyau dur.
Cela s’explique par le fait que ces cinq vertus sont applicables à toute relation humaine alors que les autres (celles qui apparaissent ou sont omises selon les listes) sont circonscrites à des
contextes relationnels spécifiques. O Senseï a choisi d’expliquer le septième pli par « kō », la piété filiale. Il aurait pu tout aussi bien choisir de privilégier Tei 悌 qui renvoie à l’affection
fraternelle, à la relation entre deux frères dont dérivent directement les notions de senpaï et kōhai (grand-frère et petit-frère dans l’ancienneté de pratique). Quand il expliquait les plis du
hakama à ses élèves, il s’efforçait de leur rappeler des notions qui avaient forgé le mental de sa génération mais qui étaient en train de se perdre dans le japon d’après-guerre. Il avait déjà fort
à faire.
Mais pourquoi de 8 passe-t-on à 7 ?
Il serait bien sûr intéressant de l’expliquer ici mais nous réservons cela pour une prochaine fois. Nous dirons simplement que cela tient à des croyances liées aux chiffres dans la culture
japonaise. Elle préfère privilégier les chiffres impairs qui, non divisibles, dégagent une impression de plus grande cohésion. D’autre part, 8, au japon, est synonyme d’infini, d’infinité et se
prête mal à des listes qu’on veut closes. Dans les exemples de liste ci-dessus, 8 se présente d’ailleurs à l’esprit comme 5+3, soit deux chiffres impairs.
Quand Nitobe Inazō (1862-1933), un grand penseur japonais du 19ème siècle, a rédigé l’ouvrage de référence Bushidō, l’âme du Japon, il a lui aussi choisi de consigner en 7 points les vertus du
samouraï. On en reconnaît certaines, on en découvre d’autres. On peut cependant considérer cette liste comme l’état ultime de l’acclimatation au Japon de la liste chinoise de Gorin Gojō. La
voici:
- Le sens du devoir 義 Gi
- Le courage 勇 Yû
- La bienveillance 仁 Jin
- L’étiquette 礼Rei
- La sincérité 誠 Sei, Makoto
- L’honneur ( au sens de réputation) 名誉 Meiyô
- La loyauté忠義 Chûgi
Les plis du hakama chez nos cousins pratiquants de kendo
Il peut être intéressant de savoir que les kendoka donnent des 7 plis une interprétation légèrement différente de la nôtre. Pas de différence pour les 5 premiers plis de devant…mais pour les deux
de derrière :
- l’un correspond à SEI, makoto, la sincérité 誠 (qu’on trouve dans la liste de Nitobe Inazo)
- l’autre correspond simultanément à Chū et Kō, loyauté et piété filiale. Cette association se comprend. Ces deux termes sont sémantiquement proches car ils renvoient à l’idée de respect, de
fidélité. Les kendōka vont même plus loin. Pour eux, le fait que ces deux plis de derrière se rabattent l’un vers l’autre pour former une ligne parfaite, a en effet une symbolique particulière, que
nous aïkidoka, de notre côté, gagnerions sans doute à cultiver aussi.
Cette ligne symbolise l’éradication de la duplicité (de la tricherie) de son cœur et se cristallise dans la formule : Futagokoro no nai makoto no michi ( à lire : futagokoro no naï makoto no
mitchi. Autre lecture possible pour futagokoro : nishin, soit en japonais ニ心のない誠の道) En traduction littérale cela donne : « la voie de la sincérité qui n’a pas deux cœurs ».
Ci-dessous, quelques hakamas pas vraiment dans la tradition et très américains...trouvés sur le net ;o))
Des pistes pour approfondir… :
Un petit texte très intéressant de Saotome Senseï sur l’histoire du hakama et des 7 plis. En anglais :ici Le texte en anglais de Bushido, The soul of Japan proposé en téléchargement libre sur :ici
Ce week-end avait lieu le stage annuel à Luxembourg sous la direction de Tamura Shihan dans
le magnifique centre sportif de Coque. Ce stage ne restera pas dans marqué dans mon esprit car plusieurs facteurs ont fait que ce stage n’a pas vraiment répondu à mes attentes, mis à part
évidemment la pratique incomparable de Senseï.
D’abord, un grand retard du à un accident sur l’autoroute et le fait que nous nous sommes un peu perdus, nous sommes pourtant partis bien à l’heure. Nous arrivons dans le Dojo mais la préparation
est déjà bien avancée, je ne parviens pas vraiment à rentrer dans le stage, je suis aussi un peu concentré sur ma cheville toujours en souffrance et protégée par une orthèse. Bon, finalement, ca
va mieux et le moteur se met en route. Je travaille avec quelques moins avancés au début pour situer mon aptitude à gérer mon léger handicap, puis avec quelques plus avancés mais là drôle
d’ambiance, on dirait que certains sont venus pour casser ou bloquer sans arrêt. Quelle recherche là-dedans ???
Je ne suis pas rentré dans le jeu, il y a quelques années, je me serais mis à cette sorte de Sumo mais là non j’ai essayé de me relâcher au maximum. A part, un ami français que je rencontre
souvent, un ancien pratiquant allemand et bien sûr Tamura Senseï, je n’ai pas vraiment rencontré de sourires parmi les gens présents. Est-ce la nouvelle attitude ou est-ce moi qui ai vu des
choses auxquelles je ne prêtais pas trop attention auparavant ?
Après un bon repas italien durant lequel nous discutons…politique de l’Aïkido français, nous
reprenons le chemin du Dojo. Ma jambe tire un peu aussi je prends le parti d’être juste spectateur (Mitori geiko), je remarque certaines choses que je ne vois pas forcément lorsque je suis sur le
tatami. Par exemple les pratiquants bloquant systématiquement, bon là on en voit souvent mais quand des « plus anciens » bloquent des débutants, cela en devient risible et indigne de
comportement.
Autre chose, les anciens ne se mélangent pas souvent aux débutants et aux dires de la chère élève m’accompagnant c’est assez désagréable, cela ne donne pas envie de faire des stages, il est vrai
que certains ont l’air de regarder ailleurs lorsqu’un « non-hakama » se présente à eux, triste attitude….
Cela m’a rappelé le livre de Saotome Sensei qui, corrigeant des plus anciens n’avait pas vu deux débutants s’évertuant dans un kokyu ho de type sumo. O Sensei arrivant et voyant celà lui passa un
savon dont il a gardé, on dirait, un grand souvenir. N’oublions jamais le Soshin…
Et avez-vous remarqué la mode du « sponsoring », certains affichant leurs noms, prénoms et aussi l’art pratiqué
(Aïkido) sur leurs hakamas (au cas où ils oublieraient), obis, keikogis…cela même et surtout chez des pratiquants apparemment étant en possession de leur hakama depuis peu.
Post un peu caustique aujourd’hui mais c’était le reflet de mes impressions de ce week-end… Petite comédie humaine vue du tatami.…
Jean
Burnay Ce mercredi avait lieu la troisième session armes avec Jean Burnay et à nouveau, un travail très intéressant. Après un
échauffement basé sur les suburis de l’école Saïto, nous passons à l’étude de Migi No Awaze et Hidari No Awaze. Ces deux exercices amènent à l’unification des mouvements et nous conduisent
naturellement vers Ki Musubi No Tachi que l’on pourrait traduire par l’unification des ki par le sabre (une superbe vidéo ici).
Ce kumitachi est vu d’abord de façon séquentielle pour passer à une approche plus globale, il faut vraiment faire preuve de
la plus grande concentration…L’importance est aussi dans les endroits ou vous posez vos yeux, je m’en réfère au grand stratège et maître d’armes Yagyu Mumenori qui détaillait le regard dans le
combat comme suit : on fixe d’abord les “deux étoiles” (le sommet des mains sur la tsuka), le “sommet et la
vallée” (les jointures des coudes) pour terminer par les “monts lointains” (les épaules) .
Jean nous démontre également les differences entre les différentes écoles adeptes de cet enchainement et en particulier l’école Iwama de Saito Sensei et l’école de Chiba
Sensei. Prochain rendez-vous en juin!
Aikitron Suite au post précédent, j’ai reçu quelques messages me disant que le jeu ne fonctionnait pas mais…..si, il fonctionne de façon manuelle ;o)).
Habitués que vous êtes à la Wii, Playstation, et autres sytèmes abrutissant l’esprit, vous n’avez pas vu le côté artisanal du jeu ;o)). D’ailleurs, ce jeu ne ravira que les pratiquants, je ne vois
ce que les autres pourraient y trouver… Bon allez; je modernise et vous donne les liens pour
accéder au site émetteur de cette idée. Aikitron Immobilisations
:ici Aikitron Projections
:ici
Chers apprentis Aïkidokas,
Vous qui vivez les affres de la mémorisation des techniques et...des attaques
le Dojo, après de moultes recherches scientifiques a trouvé le moyen de vous soulager en vous offrant le moyen de vous exercer en jouant....
Le jeu consiste donc :
1. A cliquer sur le bouton "Aïkitron" 2. A
lire le résultat surligné, ici : frappe ou saisie + immobilisation + forme
3. Essayer de se remémorer dans sa tête comment s'y prendre.
4. Si celà ne fonctionne pas à partir du bouton, vous pouvez toujours jouer manuellement..
Attention ! Forme d'application : Tachi waza
Frappes ou saisies
Immobilisations
Formes de réalisation
vous avez réussi ? alors recommencez en suwari waza d'abord,
puis en hanmi handachi waza !
Bon amusement...
Dans la pratique de notre art, nous entendons souvent les termes de
centre et centrage.
Notre corps possèdent plusieurs centres :
*le « kami tanden » (de kami : dieu, divinité), que l’on pourrait traduire par le centre sacré, il se trouve à hauteur du plexus solaire et est défini comme le centre des
émotions.
*le « naka tanden », se situant à environ 10 cm au dessus-du nombril, reconnu comme le centre des maladies
*le « shimo tanden » que nous connaissons tous sous le vocable « seika tanden », à environ 10 cm sous le nombril est lui dénommé le
centre des énergies
A ces trois points principaux (il en existe peut-être d’autres…), on peut ajouter le « mei mun » si situant lui dans le bas du dos (environ au centre de la koshita du hakama en fait), il
est directement relié au seika tanden par un méridien traversant le bassin.
A l’instar de ces plusieurs centres, il existe plusieurs « centrages » : Le centrage physique : Quand on
cherche un symbole pour illustrer le fait d’être centré, on fait appel le plus souvent au symbole de la croix. Néanmoins, partons d’une approche différente qui se réfère à deux triangles.
Si vous considérez celui qui repose sur sa base, il n’a qu’un sommet en haut et ce sommet, est à la verticale de la base. Un tel triangle est en parfait équilibre, on dira qu’il est « centré ». En
revanche, le triangle qui repose sur sa pointe a son centre de gravité qui est plus haut, et les deux sommets qui sont en l’air n’ont sous eux que du vide. Ce triangle n’est pas équilibré, on dira
qu’il n’est pas centré.
Pendant la réalisation de la technique, tori doit amener uke à se retrouver dans une position de déséquilibre à la fin du mouvement, tout en restant vigilant à rester centré. Que dire d’un
mouvement qui conduirait au déséquilibre des deux protagonistes ? Tori doit en particulier faire attention à ne pas se laisser entraîner par le déséquilibre de uke. Et c’est malheureusement trop
souvent le spectacle auquel on assiste sur un tatami : des pratiquants qui s’imaginent être efficaces alors qu’ils ont perdu leur équilibre, qu’ils ne sont plus centrés. Si votre corps est penché
vers l’avant, votre tête n’est plus à la verticale de votre polygone de sustentation, et bien souvent votre jambe arrière se décolle : vous êtes comme un triangle sur la pointe, vous avez perdu
votre centre. Pour rester centré dans le mouvement gardez bien vos épaules à la verticale des hanches, votre centre de gravité sera situé à la verticale de votre polygone de sustentation, vous
serez centré.
Il faut bien différencier deux manières d’être centré. Lorsque vous êtes en seiza, immobile, les épaules basses, relâchées, vous êtes centré. Mais vous êtes statique. Il est beaucoup plus difficile
de rester centré lorsqu’on est en mouvement, car à chaque instant la situation change, et le risque est permanent de perdre son centre. C’est ce à quoi il faut pourtant parvenir : rester centré
dans le mouvement. C’est d’ailleurs un excellent critère pour juger de la qualité du travail fourni par un aïkidoka, indépendamment de l’école à laquelle il appartient et de sa manière de réaliser
une technique : réussit-il tout en restant centré à déséquilibrer uke ?
Le centrage mental :
Chercher
à être centré physiquement est un objectif important. De même nous devons essayer de nous centrer mentalement. Si nous nous laissons entraîner par l’agitation de notre mental, notre centre de
gravité se déplace dans notre tête et nous devenons semblables à un triangle qui repose sur la pointe. Notre mental ne cesse d’osciller entre les deux sommets qui sont en haut du triangle, ce qui
nous déséquilibre constamment. Si nous parvenons à maîtriser notre mental, le deux sommets du haut ne font plus qu’un seul, nous retrouvons notre calme et nous reprenons la forme d’un triangle
équilibré. De même il nous faut veiller à ne pas être déséquilibré par nos émotions. A ce niveau aussi il nous faut rester centrés. L’intérêt de l’aïkido est de prolonger dans la vie ce que nous
expérimentons sur le tatami. Quand sur le tatami vous placez une technique sans être centré, le mouvement n’a aucune chance d’être réalisé correctement, vous devez lutter, tirer, vous débattre pour
accoucher d’un mouvement dans la douleur. En revanche, lorsque vous êtes centré vos mouvements se placent spontanément, sans effort, comme par enchantement.
Dans la vie nous avons constamment besoin d’agir, de faire des choix, de prendre des décisions. Si nous agissons sans être centrés mentalement et émotionnellement, nous avons les plus grandes
chances de prendre de mauvaises décisions. En revanche, si nous restons vigilants à être bien centrés mentalement, nous serons amenés tout naturellement à faire les bons choix, à prendre les bonnes
décisions. Les choses se passeront dans la simplicité, tel un mouvement d’aïkido réalisé avec aisance et naturel. La vie est perpétuel mouvement, donc on peut très bien être centré à un moment et
ne plus l’être l’instant d’après. Comme dans un mouvement d’aïkido, le fait de rester centré est une notion dynamique qui requiert une vigilance de chaque instant et nous incite encore une fois à
la plus grande humilité. Qui peut prétendre rester constamment centré ? Rester centré sur un tatami est une tâche aisément accessible car un entraînement dure une heure ou deux, mais la vie, elle
ne cesse jamais. La tâche est d’autant plus rude…Un seul mauvais choix pouvant effacer cent bons choix faits antérieurement. Donc restons constamment vigilants. Là encore c’est un travail qui ne
cessera que lorsque nous pousserons notre dernier souffle.
Le centrage dans
le temps : Être centré dans son corps et dans son esprit sont deux aspects fondamentaux du centrage. Mais il reste un troisième volet sans lequel les deux premiers perdent de leur
valeur. C’est d’être centré par rapport au temps. Et ce centrage doit être abordé sous deux aspects.
Le premier est le fameux « ici et maintenant ». Ne se projeter ni dans le futur ni dans le passé pour vivre pleinement le moment présent. Être engagé et concentré totalement sur l’action
présente. Ne pas vivre des regrets éternels, qui nous empêchent de voir la réalité ou les opportunités du moment. Ne pas non plus rêver de projets lointains que l’on n’aura jamais le temps ni le
courage de réaliser. Vivre dans le passé ou le futur nous ampute de potentialités que nous pourrions engager dans l’instant présent. Donc nous rend moins efficaces.
Le deuxième relève encore de l’ « ici et maintenant », mais dans ce que j’appellerais le « présent proche ». On aborde là un thème que l’on pourrait désigner par l’expression « être dans le temps
». Si l’on se place sur le plan de l’aïkido technique, il y a un « moment » pour placer la technique. Une seconde avant c’est trop tôt, une seconde après c’est trop tard. Quand vous lancez une
balle en l’air avant de retomber elle s’arrête pendant une fraction de seconde. Pendant cette fraction de seconde le temps semble s’arrêter. C’est là « le moment ». De même, dans notre vie de
tous les jours, il nous faut apprendre à agir en trouvant ce « moment ». Il faut être attentif, être là, et non pas dans ce qui va advenir dans les secondes ou les minutes qui viennent. Être en
retard, ne serait-ce que de quelques secondes ou de quelques minutes nous conduit à agir dans la précipitation, ce qui en général n’a pas de bonnes conséquences. Si nous trouvons le moment, notre
action est aisée, juste et ne génère en nous ni tension ni stress.
Etre « dans le temps », c’est aussi se donner le temps nécessaire de faire ce que nous faisons. Etre à l’heure dans nos
diverses activités et rendez-vous procède également de cette notion de centrage dans le temps, et bien évidemment, du respect des autres.
Au début de ce troisième millénaire, où le temps a une fâcheuse tendance à s’emballer, où nous sommes de plus en plus sollicités de toute part, être centré dans le temps est donc une chose qui est
loin d’être acquise, et nous oblige à une constante vigilance.
Durant cette deuxième semaine des vacances de Pâques, nous avons organisé notre traditionnel stage enfants qui courait sur cinq
jours. Beau succès avec 22 participants tous très motivés....IL faut dire qu'il faut être motivé, chez nous pas de "garderie" mais du travail et encore du travail même pour les plus jeunes. Comme à
presque chaque stage, nous avons eu notre "mascotte" en la personne de Roméo, 5 ans, un corps de diable dans une peau d'ange...mais finalement, il a été apprécié de tous et nous le regretterons, il
a su mettre de la vie dans le Dojo, celui-là.
L'ange...
Quant au travail Aikido proprement dit, ce fut vraiment d'un excellent cru avec des examens à la limite de la perfection et
notamment le travail de Pierre-Louis qui en présentant son 2ème kyu a enchaîné pas moins de quatre feuilles de techniques, le tout avec une fluidite et une connaissance de notre art vraiment
hors du commun pour son jeune âge. Une très bonne mention aussi aux pratiquants qui ont présenté une ceinture supérieure : Emilie et Camille (5ème Kyu) ainsi que William et Wolodia promus 4ème
Kyu.
Pierre-Louis
La très bonne qualité de ce stage était dû aussi à la présence de deux assisants ou plutôt assistantes : Rose et Ines. Elles
ont su guider les élèves sans faillir avec calme et maîtrise et en même temps me permettre de revoir de façon plus approfondie avec certains groupes. Rose a débuté l'Aïkido en 2006 et elle est
devenue très vite assidue non seulement aux cours mais également à quasi tous les stages organisés par la Fédération et par le Dojo. Vraiment quelqu'un qui a un très bon contact avec les enfants et
qui possède déjà pas mal d'expérience, elle ira loin.
Rose et Ines
Ines, jeune pratiquante, est au Sakura Dojo depuis trois ans, auparavant elle a pratiqué trois autres années dans mon
ancien Dojo à la Forêt de Soignes. Elle aime vraiment l'Aïkido à tel point que le samedi , elle vient participer aux trois cours à la suite.
Ces deux pratiquantes aimeraient se destiner un jour à l'enseignement de notre art et je pense sincèrement qu'elle y arriveront au vu du travail accompli. Naturellement, la route est semée
d'embûches mais je ferai le maximum pour qu'elle puisse arriver à leur but. Merci à elles d'avoir été là, je remercie également Laetitia qui vient aider de temps en temps mais qui ne peut se
libérer à chaque fois. Finalement, le plus important est d'apporter du bonheur aux enfants et de leur donner quelques outils qui leur permettront de cheminer vers leur vie d'adulte. Certaines
influences des cours sur le caractère des enfants sont déjà visibles et rapportées par les parents. De vaincre sa timidité à mieux maîtriser ses leçons de piano, les exemples ne manquent
pas.... Remise du 2ème Kyu à Pierre-Louis :
C’est vrai, pour l’instant, les articles parlent
beaucoup de l’enfance, certainement parce que nous sommes en pleine préparation au stage d’aide à l’enfance « Aïkido Aid ». Les affiches sont en cours de finalisation et j’espère
pouvoir les mettre en ligne dans quelques jours…Pour revenir à la suite du post précédent dans lequel je parlais de l’Ecole La Farandole, je voudrais rendre hommage ici au travail du directeur de
cet établissement : Monsieur René Depaus.
René Depaus, père d’un aïkidoka de grand talent connu de beaucoup Christophe Depaus, a toujours cru aux valeurs éducatives véhiculées par notre art. Un cours existait donné par Georges Beyls,
ancien pratiquant qui doit approcher les 80 ans maintenant, il y par ailleurs commencé l’aiki assez tard (vers 55 ans) et est maintenant 4ème dan Aikikai !!!! Donc, notre ami
Georges avait décidé d’arrêter les cours parascolaires et m’a contacter pour la relève, ce que j’ai accepté. Comme dit, la population sur le tatami était très « mondiale » avec
beaucoup de nationalités et autant de langues et de cultures différentes, par exemple : arméniens, kosovars, russes, africains, nord africains. Un mélange à la fois intéressant mais aussi
détonant car tous n’étaient pas là pour apprendre l’Aïkido mais aussi pour perturber un maximum. En général, ceux-là ne restaient pas ou alors étaient parfois…mis à la porte lorsque vraiment cela
allait trop loin, ce qui m’a valu d’être parfois attendu par les familles à la sortie mais bon, je n’en suis pas mort ;o))
Le directeur voyait malgré tout des résultats dans les comportements, il est vrai que ces jeunes avaient peu de repères et de respect de certaines valeurs. C’est par là que notre art peut-être
utile, l’apprentissage de l’étiquette, se vêtir d’une certaine façon, saluer le kamiza, se mettre en seiza de façon ordonnée, voilà quelques éléments qui peuvent amener à un léger changement de
comportement. Sans parler de la pratique en elle-même basée sur le respect entre partenaires, ce fut difficile au début mais nous sommes quand même arrivés à un résultat satisfaisant. Par la suite, Mr Depaus voulait instaurer des cours
d’Aïkido à la place de certains cours de gymnastique, je n’ai pas pu le suivre dans cette entreprise, n’étant pas professionnel et devant assurer un autre boulot m’empêchant de me libérer en
journée. J’ai donc remis les cours à Therese Stragier (qui viendra à Aïkido Aid) et au dire du directeur, que je revois de temps en temps, cela donne de très bons résultats. Il faut dire qu’il
s’investit à fond, n’hésitant pas à fournir gratuitement les keikogis à tous ses étudiants. Voilà peut-être une idée à transmette à nos ministres pour lutter contre la délinquance, instaurer des
cours d’Aïkido ou d’arts traditionnels dans nos écoles permettraient peut-être d’atténuer certains problèmes….
Un article du blog relatif à ce sujet :ici
Un article très intéressant de Daniel Lance, enseignant français, sur l’Aïkido en milieu difficile :ici
Cesamedi, en donnant cours,je me suis fais la remarque
qu'un de mes jeunes elèves avait un hakama trop court ou alors qu'il le portait trop haut ou peut-être qu'il avait un pantalon trop long. J'ai du faire mes commentaires à haute voix car le père
du dit-élève m'a fournit la réponse : "ils grandissent". Eh oui, voilà l'explication, celà m'a ramené avec nostalgie à mes débuts d'enseignant enfants. Je me suis dis que j'avais connu certains
élèves du Sakura juste sorti de l'état de bébé et maintenant les voilà au porte de l'adolescence ou en plein dedans. J'ai recherché des photos de cette époque, les plus vieilles datent de 2002,
je ne les ai pas sur support informatique mais je les scannerai dès que possible. La plus ancienne voit
Pierre-louis et Louis, mes deux premiers élèves et encore là fidèles au poste, également sur le tatami votre serviteur avec...des cheveux et aussi Thomas. Thomas a vraiment été mon premier élève
en 1994 dans mon premier Dojo à Perwez, il ne pratique plus beaucoup, occupé par de brillantes études, le temps passe... Je suis resté cinq ans là-bas et les jeunes n'étaient pas légion. A cette
époque, je donnais cours sans expérience parachuté là-bas par mon professeur. Les leçons étaient très physiques et en e fait je me suis rendu compte par la suite que j'enseignais de la même façon
que lors des cours adultes subis en semaine. Pas étonnant que peu aient continué....
En 2000 (jusque 2005), j'ai commencé à donner cours à l'Ecole La Farandole, ecole avec une population difficile, c'était le mercredi à 16H00 et je recevais des jeunes en situation précaire, la
plupart issus de l'immigration, ils étaient là depuis l'heure du midi, autant dire l'état de surexcitation dans lequel ils arrivaient sur le tatami (celà fera l'objet d'un futur post car le
travail accompli là-bas continue de belle façon).
Par la suite, j'ai enseigné à l'American School, au Lycée Emile Jacqmain et aussi comme assistant à la Foret de Soignes. En 2002, lorsque j'ai ouvert le Sakura Dojo, j'avais déjà acquis une
petite méthode de travail. Je suis fier de mes élèves car ils progressent tous vraiment très bien, les plus anciens font maintenant vraiment de l'Aïkido et ont vraiment un respect de
l'étiquette quasi parfait. Des deux du début, nous sommes maintenant à +-60 inscrits, c'est dire le chemin accompli. Ces jeunes anciens qui s'éloignent de plus en plus de l'enfance prendront un
jour les rennes du Dojo et donneront cours à leur tour pour faire germer les futures graines de l'Aïkido. Ainsi se perpétue le cycle....
Ce dimanche, premier jour de la formation Shiatsu niveau initiation. Lors d'un cours donné dans son école (voir cet article), j'avais contacté Elisa Carpiaux lui demandant
d'organiser une formation pour quelques pratiquants d'Aïkido, c'est ainsi que nous nous sommes retrouvé à quatorze pour aborder ce travail. Une grande majorité de pratiquants d'Aïkido mais
également quelques personnes sans trop de connaissance martiales et un jujutsuka avaient répondu présents. Tous les enseignants Aïki ont déjà eu l'occasion de pratiquer le shiatsu lors des stages
sous la direction de grands Senseïs, tels que Tamura et Sugano Shihan mais sans jamais trop approfondir et puis il faut pratiquer pour ne pas oublier.
Après une présentation originale des participants qui se mettent par paire et présente l'autre personne, le cours peut enfin débuter. Tout d'abord une explication
sur ce qu'est le shiatsu ensuite quelques Makko-Ho , les Makko-Ho sont des exercices de stimulation des méridiens que nous pratiquont également lors de la préparation Aïkido mais sous une
autre forme. Nous restons stupéfaits devant la souplesse d'Elisa...plus difficile pour nous, ces exercices font travailler les méridiens par paire par exemple "rate-pancréas et estomac" ou
"poumons et gros intestin". Celà s'avère très intéressant car on ressent une sensation particulière dans le corps à chaque mouvement. Un peu de thérorie ensuite sur les concepts fondamentaux et
les contre-indications au Shiatsu (eh oui, il y en a!). La pratique arrive enfin, nous allons travailler sur la zone des jambes, lors de l'explication d'Elisa, je me rends compte qu'il y
beaucoup de parallèlles avec l'Aïkido, par exemple, il faut se mettre au diapason du receveur et tenir compte de ses paramètres à recevoir un Shiatsu, principes que l'on retrouve dans notre art
par le concept du "Aï", l'harmonie entre les pratiquants.
Autre similitude, on doit toujours travailller avec son centre, les mains dans l'alignement de clui-ci. On se doit également de respecter les énergies Yin et Yang, aussi certains massages se
feront du bas vers le haut de d'autres inversément. Nous placons tout d'abord les mains à hauteur du Tanden (centre) du partenaireet essayons de ressentir son état, pour ma part je ressens
beaucoup de sérénité auprès de mon "receveur". Nous allons pratiquer 4 massages, le ressenti est très important que l'on soit donneur ou receveur.
Fin de ce cours plus qu'intéressant, je vais voir avec Elisa pour déjà réserver une autre salle en vue d'une formation plus poussée l'an prochain...L'après-midi, je suis dans de l'ouate et le
soir une grande énergie m'envahit, j'en écris d'ailleurs cet article à une heure avancée.....
Le site de l'école d'Elisa Carpiaux : ici
Il y eu le Live Aid
(ici), le Band Aid (ici), voici maintenant….l’Aïkido Aid (site ici), initiative un peuplus modeste mais qui a le mérite d’exister. Depuis
quelques temps, notre amie et élève Rose collecte des jouets et vêtements au sein du Dojo pour le Home Reine Astrid de La Hulpe où elle officie comme bénévole, belle preuve
d’altruisme…. Avec quelques parents, nous avons décidé d’apporter un plus à cette initiative en organisant un stage enfants dont les bénéfices iraient à l’enfance malheureuse. Je pense
répéter cette idée chaque année en alternant peut-être les bénéficiaires, cela est encore à réfléchir. Dans une idée d’harmonie et de partage, j’ai contacté quelques collègues professeurs des
différentes fédérations, beaucoup ont répondu présents mais on ne peut pas être à dix profs sur le tapis. Le choix pour cette session s’est porté sur Marie-Thérèse Stragier avec qui j’ai pratiqué
durant des années à la Forêt de Soignes, elle a depuis créé son propre Dojo à Bruxelles et est devenu enseignante professionnelle se partageant entre diverses écoles. Vraiment quelqu’un de bien
et de très doux avec les enfants, toujours là pour consoler les bouts de chou, un peu de tendresse dans ce monde de brutes…..
Le deuxième enseignant sera Marc Somja, ancien pratiquant et brillant technicien qui enseigne à Jodoigne. Avec lui, précision du mouvement même chez les plus jeunes mais également grande
gentillesse et disponibilité. Le troisième enseignant, vous le connaissez….
Le stage aura lieu le Samedi 10 Mai 2008 au Centre Sportif André Docquier à Chaumont-Gistoux (à noter dans vos agendas).
Site de l'Aïkido Aid : ici